Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a formellement réfuté les allégations des autorités nigériennes accusant Paris d'avoir orchestré la mutinerie des 28 et 29 août derniers. Ces déclarations interviennent dans un climat de défiance persistante, alors que Niamey affirme détenir des éléments documentés sur une tentative de déstabilisation internationale.
La réponse de la diplomatie française
Qualifiant les accusations nigériennes de « pures fantaisies », Jean-Noël Barrot a réaffirmé que la France n'avait ni l'intention, ni les capacités logistiques pour fomenter un tel soulèvement. Le chef de la diplomatie française a souligné l'absence totale de présence militaire française sur le sol nigérien, rappelant que le retrait complet des 1 500 soldats français a été finalisé en décembre 2023. Pour Paris, ces mises en cause récurrentes s'inscrivent dans une stratégie visant à désigner un responsable extérieur pour justifier les tensions internes.
Les griefs du Conseil des ministres nigérien
De son côté, le gouvernement nigérien, réuni sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, maintient sa version des faits. Les autorités de Niamey soutiennent que les événements ayant touché la base aérienne 101 relèvent d'une manœuvre de déstabilisation orchestrée par un « vaste réseau de connivences » lié à la France. Le gouvernement nigérien a annoncé avoir constitué un dossier documentaire, n'excluant pas de porter l'affaire devant des instances judiciaires internationales pour contester ce qu'il qualifie d'atteinte à sa souveraineté.
Un climat de rupture diplomatique durable
Cette nouvelle passe d'armes diplomatique s'inscrit dans la continuité de la dégradation des relations entre les deux pays depuis le coup d'État de juillet 2023. Le témoignage récent du capitaine Roger Gabriel, diffusé par la télévision nationale nigérienne, évoquant des projets d'intervention extérieure, a servi de catalyseur à ces nouvelles accusations. Si ces déclarations ne constituent pas, à ce jour, des preuves matérielles irréfutables, elles illustrent la persistance d'une fracture profonde entre Niamey et Paris, marquant une nouvelle étape dans la contestation de la présence et de l'influence française au Sahel.