Lors d’une cérémonie du Gamou à Tivaouane, le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Makhtar Cissé a dénoncé les discours xénophobes qui circulent dans le pays, rappelant que le Sénégal reste une terre d’hospitalité pour quiconque respecte la loi. Son intervention s’inscrit dans un climat de tensions sociales où certaines voix appellent à l’exclusion des communautés étrangères.
Un message clair contre la xénophobie à Tivaouane
Devant un public rassemblé pour les prières du Gamou, le ministre a explicitement condamné les attitudes de rejet à l’encontre des étrangers vivant au Sénégal. Il a souligné que la Teranga, valeur culturelle profondément ancrée, ne peut tolérer l’ostracisme ni l’exclusion. Selon lui, la loi sénégalaise garantit les mêmes droits à toute personne qui s’y conforme, quels que soient son origine ou sa nationalité.
Référence à l’histoire islamique pour illustrer l’accueil
Pour étayer son propos, Cissé a rappelé l’exemple du prophète Mohamed (PSL), contraint de quitter La Mecque pour s’établir à Médine, première communauté musulmane d’émigrés. Il a ainsi montré que l’histoire même de l’islam valorise l’accueil des réfugiés et des migrants. Cette analogie visait à rappeler aux Sénégalais que la société sénégalaise, historiquement ouverte, doit continuer à protéger les émigrés qui respectent les lois du pays.
Appel à bannir la rhétorique hostile du débat public
Le ministre a demandé que toute forme de discours hostile aux étrangers soit retirée de l’espace public. Il a insisté sur le fait que l’exclusion ne doit jamais être tolérée tant que les personnes concernées respectent les règlements républicains. Cette position officielle vise à encadrer le débat public et à prévenir la propagation de propos discriminatoires qui pourraient alimenter des tensions communautaires.
Contexte sociétal et perspectives d’action
Les propos du ministre interviennent alors que plusieurs incidents et déclarations antisémites ou anti‑immigrés ont récemment fait la une des médias sénégalais. En rappelant les valeurs de tolérance et de coexistence, le gouvernement cherche à renforcer le cadre juridique et éducatif contre la xénophobie. Les organisations de la société civile, les leaders religieux et les autorités locales sont appelés à collaborer pour diffuser ce message d’inclusion et à surveiller les éventuelles dérives discriminatoires.