Lors de la cérémonie du Gamou à Tivaouane, le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Makhtar Cissé a rappelé que le Sénégal se veut une terre d’accueil, tout en dénonçant fermement les propos et comportements xénophobes à l’encontre des résidents étrangers.
Discours du ministre à la cérémonie du Gamou
Devant une foule rassemblée pour la célébration religieuse, le ministre a souligné que le respect des lois et des règlements constitue le socle de l’hospitalité sénégalaise. Il a exhorté les citoyens à rejeter toute forme d’ostracisme envers les migrants, insistant sur la nécessité de supprimer les discours hostiles du débat public. Cette prise de parole officielle intervient dans un contexte où des incidents de rejet des étrangers ont récemment alimenté les médias nationaux.
Référence historique et appel à la tolérance
Pour illustrer son propos, Cissé a fait appel à l’histoire de l’islam, rappelant l’exil du prophète Mohamed (PSL) de La Mecque vers Médine, où la première communauté musulmane s’est constituée d’émigrés. En évoquant ce modèle d’accueil, il a cherché à ancrer la tolérance dans une tradition religieuse partagée, suggérant que le rejet des étrangers serait contraire aux valeurs fondatrices du pays.
Contexte des revendications d’Horizon Sans Frontières
Le ministre a également fait écho aux préoccupations exprimées le 11 août 2026 par Boubacar Sèye, président‑fondateur d’Horizon Sans Frontières, qui avait interpellé le président Bassirou Diomaye Faye sur la banalisation des discours anti‑immigrés. Sèye avait appelé à une politique migratoire ferme, mais respectueuse de la dignité humaine, soulignant la tension entre sécurité nationale et droits des migrants. La déclaration de Cissé s’inscrit donc dans un dialogue élargi entre autorités et organisations de la société civile.
Implications pour la politique migratoire sénégalaise
En appelant à interdire les propos hostiles dans l’espace public, le ministre ouvre la porte à d’éventuelles mesures législatives ou réglementaires visant à sanctionner la xénophobie. Si aucune loi n’a encore été proposée, la prise de position officielle pourrait influencer les futures orientations du ministère de l’Intérieur, notamment en matière de surveillance des discours en ligne et de sensibilisation des forces de l’ordre. Au-delà du cadre juridique, le message vise à renforcer la cohésion sociale en rappelant que l’accueil des étrangers doit s’accompagner du respect des règles communes.