Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a réagi avec fermeté à la décision de la plateforme C64 de rencontrer l’ex‑chef de l’État Joseph Kabila à Goma, rappelant les règles du dialogue national et menaçant de sanctions si la coalition poursuit son initiative.
Contexte de la plateforme C64 et du dialogue national
Créée en 2022, la plateforme C64 regroupe les principaux partis d’opposition de la République démocratique du Congo. Son objectif affiché est de préparer un dialogue national visant à réformer les institutions et à garantir une transition politique inclusive. Dans ce cadre, les leaders de la coalition ont exprimé le souhait d’organiser une première rencontre avec le président en fonction, Félix Tshisekedi, avant d’envisager d’autres interlocuteurs.
La proposition de rencontre avec Joseph Kabila à Goma
En février 2024, les représentants de la C64 ont annoncé qu’ils souhaitaient se rendre à Goma, dans l’est du pays, pour un entretien avec l’ancien président Joseph Kabila. Selon eux, cette entrevue serait une étape préparatoire au dialogue national, permettant d’inclure les figures historiques du pouvoir dans le processus de réconciliation. La décision a été présentée comme une initiative volontaire de la coalition, sans consultation préalable du gouvernement.
Réaction du ministre de l’Intérieur et cadre juridique invoqué
Jacquemain Shabani a immédiatement contesté la légitimité de cette initiative. Il a rappelé que toute rencontre impliquant des acteurs politiques majeurs doit s’inscrire dans le cadre fixé par le gouvernement, notamment en matière de sécurité et de respect de la souveraineté territoriale. Le ministre a souligné que la Constitution et les accords de paix en vigueur imposent des procédures précises pour les rencontres entre les forces politiques, afin d’éviter toute escalade dans les provinces sensibles comme le Nord‑Kivu.
Conséquences envisagées en cas de non‑respect des avertissements
Le ministre a indiqué que, si les responsables de la C64 persistaient, le gouvernement se réserverait le droit d’appliquer des mesures coercitives, pouvant aller de la suspension des activités de la plateforme à des poursuites judiciaires pour atteinte à l’ordre public. Cette posture vise à dissuader toute initiative jugée susceptible de déstabiliser la région, déjà marquée par des tensions sécuritaires. Le ministre a également appelé les leaders de l’opposition à revenir à la table des négociations officielles avec le président Tshisekedi, afin de garantir la cohérence du processus de dialogue.
Implications pour le processus de réconciliation nationale
Cette confrontation met en lumière les tensions entre le gouvernement et les forces d’opposition quant à la conduite du dialogue national. D’une part, la C64 cherche à élargir le cercle des participants en incluant Kabila, figure controversée mais influente. D’autre part, le gouvernement insiste sur le respect du cadre légal et sur la nécessité de centraliser les discussions autour du président en exercice. Le dénouement de ce différend pourrait influencer la dynamique du dialogue, la confiance entre les parties et, à terme, la stabilité politique de la RDC.