Le ministre de l'Agriculture du Sénégal, Cheikhou Oumar Ba, a parcouru la région de Tambacounda pour constater l’impact des pluies irrégulières sur les cultures et annoncer des actions d’État visant à sécuriser la production agricole.
Déficit pluviométrique et vulnérabilité du maïs
Lors de sa tournée du 18 septembre, le ministre a visité les champs de riz, coton, maïs et fonio à Sinthiou Maléme, Saré Sidy, Médina Yéra et Diyabougou. Les agriculteurs ont signalé que l’arrêt des précipitations réduit les rendements, le maïs étant particulièrement sensible au stress hydrique.
Outre le maïs, les cultures de riz et de coton, qui requièrent des apports d’eau plus constants, montrent des signes de stress, poussant les producteurs à envisager des ajustements de calendrier ou des techniques d’irrigation limitées.
Soutien du gouvernement : cultures alternatives et matériel
Pour limiter les risques, le ministère a annoncé le renforcement de la mise à disposition de cultures alternatives, notamment le niébé et la pastèque, afin de diversifier les productions. Il a également promis la réparation des tracteurs en panne dans la région, répondant ainsi aux besoins en matériel des exploitations.
Le choix du niébé, légumineuse à faible besoin hydrique, et de la pastèque, adaptée aux sols secs, vise à offrir des alternatives rentables tout en préservant les ressources en eau. Le ministère prévoit de faciliter l’accès aux semences et aux formations agronomiques pour ces cultures.
Valorisation de la filière laitière et perspectives de récolte
Le ministre a conclu sa visite à Dar Salam en inspectant une laiterie et en réaffirmant l’engagement de l’État à accompagner le projet de valorisation du lait local. Il estime que les agriculteurs qui ont semé à temps pourraient obtenir des récoltes « relativement correctes » dans certaines zones, malgré les aléas climatiques.
Le développement de la laiterie à Dar Salam s’inscrit dans la stratégie nationale de souveraineté alimentaire, en créant des débouchés pour les éleveurs locaux et en renforçant la chaîne de valeur du lait. Le soutien étatique comprend la mise à disposition d’équipements et l’accompagnement technique.
Enjeux à moyen terme
Si les mesures d’urgence ne suffisent pas à compenser le déficit pluviométrique, le gouvernement devra envisager des solutions d’irrigation à plus grande échelle ou des programmes d’assurance récolte afin de garantir la résilience du secteur agricole sénégalais.