Le ministre ghanéen de la Justice, Dr Dominic A. Ayine, a appelé à la mise en place d’un dispositif d’avocat d’astreinte dans les postes de police et les tribunaux afin de garantir la protection juridique des personnes mises en examen dès leurs premiers contacts avec les forces de l’ordre.
Un avocat d’astreinte pour sécuriser les premiers entretiens avec la police
Selon le ministre, les suspects sont particulièrement exposés lors des enquêtes policières et des premières comparutions, moments où des décisions peuvent restreindre durablement leur liberté. En instituant un avocat présent en permanence dans les commissariats, l’État entend concrétiser l’article 14(2) de la Constitution de 1992, qui assure le droit à une assistance juridique dès le début de la procédure pénale.
Déploiement de l’aide juridique au‑delà des capitales régionales
Dr Ayine a souligné la nécessité d’étendre les services de la Commission d’aide juridique hors des seules capitales, en créant des bureaux de district et des cliniques mobiles installées dans les marchés, les centres communautaires et les salles des conseils traditionnels. Cette stratégie vise à éviter les détentions prolongées sans représentation légale et à rendre la justice plus accessible aux populations rurales.
Mobilisation des avocats, des facultés de droit et des bénévoles
Le ministre prévoit de solliciter l’Association du barreau ghanéen pour encourager davantage d’avocats à accepter des dossiers pro bono. Parallèlement, il invite les facultés de droit et la Ghana School of Law à mettre en place des cliniques juridiques supervisées et à former des parajuristes ainsi que des volontaires communautaires capables d’offrir des conseils juridiques de base dans les zones éloignées.
Outils numériques, financement stable et suivi des performances
Pour renforcer l’efficacité du dispositif, Dr Ayine propose la création d’une ligne d’assistance juridique gratuite, complétée par des services de prise de contact par SMS et WhatsApp, ainsi que la diffusion d’informations juridiques dans les langues locales. Il insiste également sur l’importance d’un système partagé de gestion des dossiers entre la Commission, les tribunaux et le cabinet du procureur général, ainsi que sur la garantie d’un financement prévisible et la publication de rapports annuels détaillant les services rendus et les délais de résolution.