Le président costaricien Laura Fernandez a révoqué le ministre des Affaires étrangères, Manuel Tovar, après qu’il a participé à un sommet américain sur la sécurité régionale sans l’en informer. Cette décision intervient alors que le pays, habituellement perçu comme un modèle de stabilité, fait face à une recrudescence de la violence liée aux cartels.
Un limogeage motivé par un manquement de procédure
Manuel Tovar a assisté au rassemblement « Shield of the Americas », organisé par le président Donald Trump à New York, alors que la session se tenait en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le gouvernement costaricien a indiqué que le ministre n’a ni prévenu ni obtenu l’accord du président, ce qui a empêché Laura Fernandez de se rendre elle‑même à la réunion. Le président a jugé cet acte « préjudiciable aux intérêts stratégiques du pays », justifiant ainsi le renvoi immédiat du responsable des affaires étrangères.
Le sommet « Shield of the Americas » : objectifs et participants
Le rassemblement, présenté comme une coalition anti‑cartel, réunit quinze chefs d’État d’Amérique latine, majoritairement de droite, et vise à renforcer la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé. Les participants ont signé une déclaration commune annonçant le gel d’actifs, des restrictions de visa et la poursuite pénale de membres et soutiens de vingt‑quatre organisations criminelles. Depuis son retour à la Maison‑Blanche, Donald Trump a classé les cartels comme organisations terroristes étrangères et a ordonné de nombreuses frappes contre des embarcations suspectées de transporter de la cocaïne dans le Pacifique et les Caraïbes.
Implications pour la diplomatie costaricienne et la sécurité intérieure
Le limogeage de Tovar souligne la volonté du gouvernement costaricien de garder un contrôle strict sur les engagements internationaux, surtout dans un contexte où le pays voit augmenter les violences liées aux drogues. En désignant Indiana Trejos, ministre du Commerce extérieur, comme ministre des Affaires étrangères par intérim, le président Fernandez assure la continuité de la représentation du pays à l’ONU tout en réaffirmant la nécessité d’une coordination préalable avec la présidence. Le geste pourrait également être perçu comme un signal aux partenaires américains, rappelant que la participation costaricienne à des initiatives de sécurité doit être validée au plus haut niveau. Le pays devra désormais concilier son rôle de destination touristique stable avec les pressions croissantes exercées par les États-Unis pour une approche plus agressive contre le trafic de stupéfiants.