Le climat politique au Sénégal se tend avec les récentes déclarations d'Aldiouma Sow, ministre conseiller à la Présidence, qui accuse ouvertement le Premier ministre Ousmane Sonko et son entourage de gestion financière opaque. Ces allégations, qui visent plusieurs dossiers sensibles, soulignent une fracture profonde au sein de l'exécutif sénégalais.
Le dossier Kosmos et la gestion des fonds publics
Au cœur des critiques formulées par Aldiouma Sow figure l'affaire Kosmos, présentée comme un exemple de scandale financier impliquant le chef du gouvernement. Le ministre conseiller élargit ses accusations à la gestion du compte « Jaam » du Fonds pour la paix en Casamance. Ce point spécifique a suscité une réaction d'Amadou Ba, qui a rappelé la validité d'un décret de 2004. Ce texte juridique exonère le Premier ministre de l'obligation de justifier l'utilisation des ressources allouées à ce fonds, une précision que l'ancien Premier ministre a qualifiée de réponse nécessaire face aux accusations portées contre lui.
Une rupture consommée au sein de l'exécutif
Les attaques d'Aldiouma Sow ne sont pas isolées et s'inscrivent dans une escalade verbale débutée après une intervention médiatique internationale d'Ousmane Sonko. Le ministre conseiller accuse désormais le Premier ministre de « trahison du Projet » et d'adopter une posture politique jugée messianique, incompatible selon lui avec la cohésion de l'État. Ces critiques, déjà exprimées lors de sa nomination en tant que superviseur adjoint, témoignent d'une défiance croissante envers la ligne directrice impulsée par la primature.
L'exigence de reddition des comptes
Aldiouma Sow appelle à une transparence totale sur les deux années d'exercice du pouvoir par l'équipe actuelle. Il exhorte les membres du gouvernement à rendre compte de leur gestion aux citoyens sénégalais, tout en affirmant détenir des informations sur d'autres dossiers compromettants. Le ministre conseiller promet que de nouvelles révélations pourraient émerger dans les semaines à venir, concluant son intervention par un avertissement solennel sur la nécessité pour les acteurs politiques de répondre de leurs actes devant les institutions de la République.