Le ministre Cheikh Diba face à l'impasse budgétaire et aux tensions politiques au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Le ministre Cheikh Diba face à l'impasse budgétaire et aux tensions politiques au Sénégal

Le ministre sénégalais de l'Économie et des Finances, Cheikh Diba, traverse une période de forte instabilité politique marquée par le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) par les députés du Pastef. Cette séquence illustre les tensions croissantes entre l'exécutif et la majorité parlementaire sur la gestion des finances publiques du pays.

Un blocage parlementaire révélateur

Le rejet de la LFR, acté tant en commission qu'en plénière, a provoqué une réaction inhabituelle de la part du ministre. Habitué à une posture de courtoisie, Cheikh Diba a exprimé publiquement son exaspération face à ce blocage. Pour cet inspecteur des impôts et ancien directeur de la programmation budgétaire, cet échec législatif souligne la complexité des arbitrages budgétaires auxquels il doit faire face depuis son entrée en fonction sous l'administration du président Diomaye Faye.

Le défi de la transparence et de la dette

Depuis sa nomination, le ministre est au centre d'un exercice délicat : la gestion de la « dette cachée » héritée des exercices précédents. Cette volonté de transparence, bien que nécessaire pour l'assainissement des comptes publics, a fragilisé la confiance de certains partenaires financiers. Le ministre a dû multiplier les efforts pour stabiliser la trajectoire budgétaire du Sénégal tout en naviguant dans un climat de méfiance politique interne.

L'accord avec le FMI au cœur des débats

La gestion du programme financier avec le Fonds monétaire international (FMI) constitue un autre point de friction majeur. En septembre dernier, le gouvernement a conclu un accord sur un nouveau programme de 36 mois, doté de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 244 milliards de francs CFA, pour soutenir les réformes économiques jusqu'en 2029. Cependant, cet engagement est vivement critiqué par certains économistes et membres du Pastef, qui craignent que les conditions imposées ne mènent à une restructuration contraignante de la dette nationale. Ce désaccord sur la stratégie financière à adopter vis-à-vis des institutions internationales reste, à ce jour, un obstacle majeur à la fluidité des relations entre le ministère des Finances et la représentation nationale.

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