Le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Dr Alioune Dione, appelle à une refonte de la relation entre l'État et les citoyens. Il insiste sur la nécessité de privilégier des actions publiques aux effets directs et mesurables, plutôt que de se limiter aux dynamiques partisanes traditionnelles.
La distinction entre base politique et base psychoaffective
Dans une analyse sur la nature du soutien populaire, le ministre distingue deux leviers distincts. La « base politique », structurée autour de leaders identifiés, ne reflète pas toujours la réalité et les besoins profonds de l'électorat. À l'opposé, il introduit le concept de « base psychoaffective », définie comme le résultat d'une action étatique concrète, alignée sur la vision du président de la République. Selon Dr Alioune Dione, c'est cette seconde dimension qui permet de créer un lien durable et positif entre les populations et les institutions publiques.
L'accompagnement économique comme levier d'action
Cette réflexion théorique s'appuie sur des interventions de terrain, à l'instar de l'initiative menée à Bambey par le Fonds d’appui à l’économie sociale et solidaire (FAESS). Ce programme a permis de former et d'accompagner 650 femmes aux techniques de production. Pour le ministre, ce type d'opération illustre parfaitement la manière dont l'État doit intervenir pour transformer le quotidien des citoyens, en leur fournissant des outils de production et des compétences techniques plutôt qu'en se contentant d'une présence politique symbolique.
La responsabilité des détenteurs de la puissance publique
Le ministre souligne que les responsables investis de la puissance publique ont le devoir d'orienter leurs efforts vers des résultats tangibles. En plaçant l'impact social au cœur de la stratégie gouvernementale, il estime que les décideurs peuvent renforcer la confiance des citoyens envers l'action publique. Cette approche suggère une volonté de professionnaliser davantage l'intervention de l'État, en faisant de l'efficacité des politiques publiques le principal vecteur de légitimité auprès des populations locales.