Le ministère de la Justice et du Développement constitutionnel a annoncé qu'il prendrait en charge le financement de l'enquête rouverte sur le décès de Steve Biko, figure emblématique de la lutte contre l'apartheid et fondateur du Mouvement de la conscience noire. Cette décision intervient alors que les procédures judiciaires, qui se tiennent à la Haute Cour de Gqeberha dans la province du Cap-Oriental, étaient menacées par des difficultés de financement.
Un financement public pour garantir la procédure
L'intervention du ministère fait suite au refus de l'aide juridictionnelle (Legal Aid) d'accorder un soutien financier à la famille Biko. Après avoir soumis le dossier à un test de ressources, l'organisme a conclu que les revenus et la valeur des actifs de la veuve de Steve Biko dépassaient les plafonds réglementaires requis pour bénéficier de cette assistance. Face à cette impasse, l'État a choisi de se substituer aux mécanismes classiques pour permettre la poursuite des investigations.
L'indignation de la famille face aux obstacles logistiques
Nkosinathi Biko, fils du militant, a exprimé son mécontentement quant à la gestion des ressources nécessaires au bon déroulement de l'audience. Il a souligné le caractère indigne d'une situation où la question du financement vient entraver la recherche de la vérité au moment même où les débats doivent débuter. Il a précisé avoir délibérément tenu sa mère à l'écart de ces discussions financières, estimant qu'elle ne devrait pas porter le poids logistique de la quête de justice pour son défunt mari.
La reprise des auditions à la Haute Cour
Malgré ces tensions budgétaires, le calendrier judiciaire est maintenu. L'enquête, qui vise à faire la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Steve Biko, doit reprendre ses travaux avec l'audition de nouveaux témoins. La mobilisation de fonds publics par le ministère de la Justice assure désormais la continuité des audiences, permettant ainsi au processus judiciaire de se poursuivre sans nouvelle interruption liée à des contraintes matérielles.