Le ministère de l’Énergie et du Pétrole du Sénégal a démenti une diffusion en ligne qui présentait à tort le champ pétrolier Yakaar‑Teranga comme faisant partie d’un accord avec la compagnie italienne Eni. Le protocole signé ne porte que sur l’évaluation de cinq blocs offshore et ne crée aucun droit d’exploration ou d’exploitation sur le bloc SN08M où se situe Yakaar‑Teranga.
Contenu exact du protocole signé avec Eni
Le texte officiel indique que l’accord entre l’État sénégalais et Eni se limite à la réalisation d’études préliminaires – géologiques et géophysiques – sur les blocs SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M. Aucun de ces blocs n’inclut le secteur SN08M, qui regroupe les découvertes de Yakaar‑Teranga. Le document ne prévoit ni attribution de titre d’exploration, ni droit d’exploitation, ni transfert de ressources à Eni.
Pourquoi la carte diffusée est erronée
La carte partagée sur les réseaux sociaux montre une superposition du champ Yakaar‑Teranga avec les zones couvertes par le protocole, alors qu’il s’agit d’une version de travail antérieure, non officielle et factuellement inexacte. Le ministère la qualifie de « double contre‑vérité » : d’une part, le champ n’est pas inclus dans le périmètre du protocole, et d’autre part, le protocole ne crée aucun droit pétrolier.
Conséquences pour le projet Yakaar‑Teranga
Yakaar‑Teranga reste un dossier stratégique pour le Sénégal après le retrait de Kosmos Energy, qui avait investi 144 millions de dollars en forages en 2016‑2017. Le départ de Kosmos a privé le pays d’un investissement estimé entre 5 et 7 milliards de dollars et a laissé plusieurs puits inactifs. Sans opérateur, la mise en production, initialement prévue pour 2027, est désormais repoussée à 2030‑2032.
Analyse des experts : un revers partiel mais des enseignements utiles
Le spécialiste des industries extractives Abdou Gueye considère le retrait de Kosmos comme une « très bonne nouvelle » dans la mesure où les travaux d’exploration menés depuis 2017 ont permis de mieux connaître les réserves et de réduire les incertitudes géologiques. Toutefois, il souligne que l’ouverture de nouveaux blocs à des études préliminaires ne doit pas être interprétée comme une attribution de droits sur Yakaar‑Teranga, qui demeure en attente d’un futur partenaire commercial.