La présidente du Comité des comptes publics (PAC) du Parlement ghanéen, Abena Osei-Asare, a vivement critiqué le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture pour son refus de collaborer à une enquête d'audit cruciale. Le ministère a manqué une audition reprogrammée, bloquant ainsi l'examen parlementaire sur un passif gouvernemental massif de 69 milliards de cédis.
Un blocage institutionnel persistant
L'enquête porte sur un audit spécial concernant des engagements financiers et des créances en suspens s'élevant à 69 milliards de cédis. Lors d'une première audition, les explications fournies par les représentants du ministère ont été jugées insuffisantes par les membres du comité. Pour approfondir les investigations, le PAC avait exigé la présence de fournisseurs et d'autres acteurs directement cités dans le rapport d'audit. Malgré l'engagement pris par le ministère de faciliter ces auditions, l'absence répétée des témoins clés empêche désormais le comité de finaliser ses travaux et de soumettre ses conclusions.
Le non-respect des engagements de calendrier
La tension est montée d'un cran après que le ministère a sollicité un report de la séance initiale, invoquant un rendez-vous pour l'obtention d'un visa pour l'un des intervenants. Le comité avait accepté cette demande, laissant au ministère la liberté de choisir une nouvelle date jugée plus pratique. Cependant, le ministère ne s'est pas présenté à la date convenue et n'a fourni aucune communication ultérieure pour justifier ce nouveau désistement. Cette attitude a été qualifiée par la présidente du PAC de manque de respect envers les prérogatives de contrôle du Parlement.
L'exigence de transparence sur les fonds publics
Pour Abena Osei-Asare, la coopération des institutions publiques est une obligation fondamentale dans le cadre de la gestion des deniers de l'État. Le comité maintient sa position : aucune clôture du rapport d'audit ne sera possible tant que les zones d'ombre soulevées par les documents financiers ne seront pas levées par les personnes concernées. Le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture reste donc sous l'obligation de se présenter devant les députés pour répondre aux questions en suspens, bien qu'aucune nouvelle date n'ait été fixée pour cette audition indispensable à la poursuite de l'enquête.