Face à l'ampleur des violences sexuelles et sexistes touchant les mineurs, le ministère de l'Éducation nationale instaure un questionnaire annuel systématique adressé à l'ensemble des élèves. Cette mesure d'envergure vise à mieux identifier les situations de danger au sein des établissements et des activités périscolaires.
Un dispositif de détection à grande échelle
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé le déploiement d'une enquête annuelle visant 10 millions d'élèves, de la grande section de maternelle jusqu'à la terminale. Ce questionnaire, intégré à l'évaluation existante sur le harcèlement scolaire, permettra aux mineurs de signaler des violences subies. Si le caractère anonyme est privilégié pour favoriser la parole, les élèves auront la possibilité de décliner leur identité s'ils souhaitent être mis en relation avec un adulte de confiance au sein de l'institution.
Une réponse aux failles du système périscolaire
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la révélation de nombreux scandales de violences sexuelles survenus dans le secteur périscolaire parisien à l'automne 2025. Ces affaires, ayant conduit à la suspension de dizaines d'animateurs, ont mis en lumière des vulnérabilités critiques dans la protection des mineurs hors du temps scolaire strict. Le ministère cherche désormais à renforcer la vigilance sur l'ensemble du territoire, alors que des signalements similaires ont été recensés dans plusieurs autres régions.
La mobilisation d'une expertise pluridisciplinaire
Pour garantir la pertinence et la sécurité du dispositif, le contenu du questionnaire sera élaboré en concertation avec les personnels scolaires, les associations de parents d'élèves et un comité d'experts incluant des pédopsychiatres. L'objectif est de structurer une réponse adaptée à la réalité du terrain, le ministre anticipant des résultats qu'il qualifie de « sismiques ». Cette démarche s'inscrit dans une volonté de renforcer le rôle de l'Éducation nationale, déjà premier émetteur d'informations préoccupantes sur les violences faites aux mineurs, avec plus de 88 000 signalements enregistrés l'année passée.
Un enjeu de santé publique et de sécurité
La mise en place de cet outil souligne la gravité du phénomène, le ministère rappelant qu'un enfant sur dix serait victime de violences sexuelles. En systématisant le recueil de la parole, les autorités espèrent non seulement mieux cartographier les risques, mais aussi briser le silence entourant ces violences. La réussite de cette politique publique dépendra de la capacité des établissements à traiter les signalements qui émergeront de cette vaste consultation nationale.