Face à la pression financière croissante sur les ménages, le ministre de l'Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a annoncé une série de mesures visant à assainir le secteur scolaire privé. L'objectif est de clarifier les règles encadrant les manuels, les fournitures et les frais d'inscription, souvent sources de litiges et de surcoûts pour les parents.
Régulation des manuels et transition numérique
Le ministère entend clarifier le droit des éditeurs concernant le renouvellement des manuels scolaires, avec une règle de changement fixée sur une période de cinq ans. Cette mesure vise à stabiliser le marché et à éviter des renouvellements trop fréquents qui pèsent sur le budget des familles. Parallèlement, Moustapha Guirassy explore la piste de la numérisation des ouvrages, une solution qui permettrait à terme aux élèves d'accéder à leurs contenus pédagogiques via des supports informatiques, réduisant ainsi les coûts liés aux supports physiques.
Encadrement des pratiques commerciales dans les écoles
Une attention particulière est portée aux pratiques imposées par certains établissements privés, notamment l'obligation d'acheter uniformes et fournitures directement auprès de l'école. Le ministre souhaite instaurer une plus grande transparence pour dissocier ces achats des frais de scolarité. Cette initiative répond à une préoccupation majeure des familles, contraintes de supporter des charges annexes importantes en plus des mensualités, dans un contexte où les effectifs dans le public poussent de nombreux parents vers le secteur privé.
Vers une harmonisation des tarifs d'inscription
L'absence de barème homologué pour les frais d'inscription dans le privé reste un point de tension critique. Alors que certaines familles font face à des augmentations récurrentes de leurs mensualités, le débat se cristallise autour de l'application de l'arrêté de 2023. Ce texte prévoit une hausse plafonnée à 10 % par rapport à un prix de référence. L'application stricte de cette réglementation, réclamée par des organisations de défense des droits, constitue un enjeu central pour la protection du pouvoir d'achat des ménages sénégalais à l'approche de la rentrée scolaire.