Deux agents du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique ont été placés en garde à vue par la Division des investigations criminelles (DIC) pour leur implication présumée dans un vaste système de détournement de fonds publics. L'affaire porte sur le détournement de bourses destinées aux étudiants en septième année de médecine, avec un préjudice financier estimé à près de 179 millions de FCFA, pouvant atteindre 390 millions selon les premières investigations.
Un mécanisme de fraude détecté par un audit interne
La découverte de ces malversations fait suite à une opération de contrôle menée en 2025 par la nouvelle administration du ministère de la Santé. En croisant les données du fichier des étudiants bénéficiaires avec les virements effectués par le Trésor public via des services de transfert d'argent, les gestionnaires ont identifié des anomalies majeures. Plusieurs numéros de téléphone associés aux paiements ne correspondaient pas aux identités des étudiants, mais renvoyaient directement aux deux agents mis en cause, Pape Abdourahmane D. et Alioune S., ainsi qu'à certains de leurs proches.
Le rôle des proches dans le circuit financier
L'enquête de la DIC a mis en lumière l'implication d'une dizaine de personnes, identifiées comme des parents des suspects. Lors de leurs auditions, ces individus ont reconnu avoir réceptionné les fonds indus avant de les reverser aux deux agents. Les mis en cause auraient justifié ces prélèvements par des besoins liés au fonctionnement de leurs services, des actions sociales ou des dépenses personnelles, une ligne de défense qui devra être confrontée aux éléments de preuve recueillis par les enquêteurs.
Des poursuites judiciaires lourdes
Les deux fonctionnaires font désormais face à des chefs d'accusation graves, incluant l'association de malfaiteurs, le détournement de deniers publics, le faux et usage de faux, ainsi que le blanchiment de capitaux. Le dossier est actuellement entre les mains du Parquet financier. Ce dernier a pour mission de clarifier l'ampleur réelle du préjudice financier, en déterminant si le montant détourné se limite aux 178,6 millions de FCFA déjà documentés ou s'il s'étend sur la période globale suspectée, allant d'avril 2021 à juillet 2026.