Une commission d'enquête ministérielle a été dépêchée au Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI de Tanger suite à l'apparition de graves complications oculaires chez quinze patients diabétiques. Ces derniers ont développé des inflammations aiguës après avoir reçu des injections dans le service d'ophtalmologie de l'établissement.
Le déclenchement des investigations
L'alerte a été donnée après que deux patients ont présenté des symptômes d'inflammation sévère le 8 octobre dernier. Par mesure de précaution, l'administration hospitalière a immédiatement contacté l'ensemble des personnes ayant reçu le même traitement, soit un groupe de 18 patients. Les examens ont révélé que la majorité d'entre eux souffraient de complications similaires, entraînant pour certains une perte quasi totale de la vision. En réponse, la commission de lutte contre les infections et l'Agence nationale du sang ont été mobilisées pour effectuer des prélèvements et identifier l'origine de ces réactions.
Profil des patients et état clinique
Les patients touchés sont majoritairement des personnes âgées souffrant de diabète, une pathologie chronique qui fragilise déjà la rétine et altère la vision. Selon les dossiers médicaux consultés, ces individus présentaient une acuité visuelle préexistante d'environ 2/10 avant l'incident. Cette vulnérabilité clinique a pu exacerber les effets de l'inflammation aiguë. Actuellement, les équipes médicales du CHU assurent une prise en charge spécialisée, bien que les médecins estiment qu'un délai de trois mois sera nécessaire pour évaluer l'évolution définitive de l'état visuel des patients.
Analyse des causes potentielles
Face aux interrogations sur la sécurité des soins, la direction du CHU a formellement écarté l'hypothèse de produits périmés, précisant que la date de validité des injections administrées s'étend jusqu'en septembre 2028. Plusieurs de ces patients avaient déjà reçu le même traitement à cinq reprises sans incident notable par le passé. Les investigations en cours se concentrent désormais sur deux pistes principales : une éventuelle altération chimique de la composition du médicament ou la survenue d'infections exogènes lors de l'acte médical. Les résultats des analyses en laboratoire seront déterminants pour établir les responsabilités et ajuster les protocoles de soins au sein de l'établissement.