Le vice-ministre de la Justice et procureur général adjoint, Dr Justice Srem-Sai, a publiquement remis en question la rigueur déontologique de la direction de l'Association du Barreau du Ghana (GBA). Cette sortie intervient dans un contexte de tensions autour de la neutralité des institutions judiciaires et de la manière dont le Barreau réagit aux prises de parole des magistrats.
La controverse autour des propos du juge en chef
Le point de départ de cette polémique réside dans une visite officielle effectuée le 2 septembre par le juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, au sein du Fonds d'investissement des revenus miniers (MIIF). Lors de cet événement, le magistrat a publiquement loué les performances des institutions publiques sous l'administration actuelle, allant jusqu'à s'interroger sur le bilan des huit années précédentes. Ces déclarations ont suscité une vive réaction de la présidente de la GBA, Efua Ghartey, qui a qualifié ces propos d'inappropriés lors de la conférence annuelle de l'association à Ada.
Une exigence de cohérence institutionnelle
Pour le Dr Justice Srem-Sai, le débat ne doit pas se limiter à la nature politique ou non des propos du juge en chef. Il pointe du doigt une pratique sélective de la part du Barreau. Selon lui, l'indépendance d'une organisation ne se décrète pas, elle se prouve par une application uniforme de ses principes. Le vice-ministre soutient que la GBA manque de constance : elle condamnerait certaines interventions de magistrats tout en restant silencieuse sur d'autres, selon des critères qui manquent de transparence.
Le défi de l'impartialité du Barreau
L'argument central du ministère est que si le Barreau établit une norme interdisant aux juges de tenir des discours perçus comme partisans, cette règle doit être appliquée sans exception, quel que soit l'auteur des propos ou le contexte politique. En ciblant spécifiquement la direction de la GBA, le Dr Srem-Sai soulève une question de fond sur la crédibilité des instances représentatives des avocats. Il estime que la GBA doit démontrer une indépendance réelle, exempte de sélectivité, pour garantir sa légitimité en tant qu'arbitre moral de la vie publique ghanéenne. Cette interpellation place désormais l'association face à ses propres standards de gouvernance et à la nécessité de clarifier sa doctrine en matière d'expression publique des membres de la magistrature.