Un contrat de 2,8 milliards de shillings pour la fourniture d’uniformes à la police kényane révèle des zones d’ombre sur la propriété de Nalitex Limited, l’entreprise adjudicataire. Des liens troublants avec un homme d’affaires proche du président William Ruto alimentent les suspicions de conflits d’intérêts et de manque de transparence.
Un contrat pharaonique et des questions persistantes
Le gouvernement kényan a attribué à Nalitex Limited un marché de 2,8 milliards de shillings pour la fourniture d’uniformes à la police nationale. Pourtant, les registres officiels de l’entreprise ne permettent pas d’identifier clairement ses véritables propriétaires ou dirigeants. Une enquête révèle qu’un numéro de téléphone associé à ses documents corporatifs renvoie vers Charles Tela Alusala, un homme d’affaires dont les connexions avec le président William Ruto sont régulièrement évoquées dans la presse locale.
Des connexions politiques qui interrogent
La nomination de Charles Tela Alusala dans ce dossier n’est pas anodine. Bien que les autorités n’aient pas officiellement confirmé son implication directe dans la gestion de Nalitex Limited, son nom apparaît dans les documents de l’entreprise, soulevant des interrogations sur l’influence réelle qu’il exerce sur ce contrat. Cette situation rappelle d’autres affaires récentes où des marchés publics au Kenya ont été attribués à des entités liées à des personnalités politiques, alimentant les critiques sur la gestion des deniers publics.
Transparence en question : qui profite vraiment du marché ?
Au-delà des soupçons de favoritisme, ce contrat pose un problème plus large de transparence dans l’attribution des marchés publics au Kenya. Les citoyens et les observateurs s’interrogent : qui bénéficie réellement de ce marché de 2,8 milliards de shillings ? Les retards dans la livraison des uniformes, déjà signalés par plusieurs médias, ajoutent une dimension de crise à cette affaire. Les autorités n’ont pas encore apporté de réponses claires sur les critères ayant conduit à l’attribution de ce contrat à Nalitex Limited, ni sur les garanties de qualité et de conformité des produits livrés.
Un enjeu de confiance pour le gouvernement Ruto
Pour le président William Ruto, déjà sous pression pour sa gestion des ressources publiques, cette affaire pourrait devenir un symbole des défis auxquels son gouvernement est confronté : restaurer la confiance dans les institutions et lutter contre la corruption. Si les liens entre Nalitex Limited et Charles Tela Alusala sont confirmés, cela pourrait renforcer les accusations de népotisme et de détournement de fonds publics. Une enquête indépendante, si elle est menée, pourrait éclairer les zones d’ombre et déterminer si ce contrat a été attribué dans le respect des règles de concurrence et de transparence.