Le médiateur de la République, Saleh Kebzabo, a appelé à la retenue suite aux violents affrontements qui ont éclaté dans le Tibesti, zone riche en or où les tensions entre le comité d’autodéfense local et la brigade minière nationale menacent la fragile paix signée en 2025.
Un contexte de paix fragile et de rivalités minières
Les accords de paix du 20 avril 2025, négociés sous l’égide de Kebzabo, prévoyaient un cessez‑le‑feu, l’intégration des combattants dans les forces armées et la suspension des permis miniers en cours dans la région de Miski, un des principaux sites aurifères du Tibesti. Malgré ces engagements, la répartition des revenus issus de l’exploitation minière reste source de discorde depuis près d’une décennie.
Affrontements du 14 octobre : pertes humaines et accusations croisées
Le mercredi 14 octobre, des combats ont opposé les membres du comité d’autodéfense de Miski à la Brigade nationale de contrôle des activités minières. Selon les autorités militaires, au moins deux officiers ont été tués. Le porte‑parole du comité, Ahamat Molikni, accuse l’armée d’avoir mené une frappe de drones qui aurait fait sept victimes civiles et d’avoir procédé à des pillages. De son côté, l’état‑major de l’armée reproche au comité d’avoir violé le cessez‑le‑feu en attaquant la brigade.
Revendications du comité d’autodéfense et silence du gouvernement
Le comité réclame le retrait immédiat de la brigade minière ainsi que le limogeage de son commandant, qu’il accuse d’imposer des taxes illégales au profit d’une société privée, en contradiction avec les dispositions de l’accord de paix qui stipulent la suspension des activités minières. En réponse, les autorités militaires ont demandé aux membres du comité de déposer leurs armes sous peine d’être qualifiés de rebelles. Le gouvernement central, quant à lui, n’a pas encore publié de déclaration officielle sur ces développements.
Enjeux pour la stabilité du Tibesti et le secteur minier
Ces incidents soulignent la vulnérabilité du processus de paix dans une région où les intérêts économiques liés à l’or sont élevés. La remise en cause des accords de 2025 pourrait entraîner une escalade des violences, affectant non seulement la sécurité des populations locales mais aussi les investissements miniers et les recettes d’État. Le médiateur Kebzabo, en appelant à la retenue, rappelle que le respect des engagements pris est la condition sine qua non pour éviter une nouvelle spirale de conflit.