Le Maroc veut transformer sa taxonomie verte en levier stratégique pour ses exportations

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
Le Maroc veut transformer sa taxonomie verte en levier stratégique pour ses exportations

Face au durcissement des normes environnementales internationales, la Confédération marocaine des exportateurs (ASMEX) appelle à concevoir la future taxonomie financière verte comme un outil de compétitivité. L'organisation propose des ajustements pragmatiques pour aligner ce référentiel national sur les exigences des marchés étrangers, notamment européens.

L'impératif de conformité face au marché européen

Avec plus de 71 % des exportations marocaines destinées à l'Europe, les industriels nationaux sont en première ligne face aux nouvelles réglementations climatiques. L'entrée en vigueur du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) le 1er janvier 2026 impose une transformation rapide des modèles de production. Des secteurs stratégiques comme les engrais, qui ont représenté 73,1 milliards de dirhams d'exportations en 2025, sont directement concernés par ces nouvelles exigences de traçabilité carbone.

Simplifier les procédures pour les entreprises

L'ASMEX plaide pour une taxonomie qui évite la lourdeur administrative. L'organisation préconise une interopérabilité totale entre le référentiel marocain et celui de l'Union européenne, permettant aux entreprises d'utiliser une documentation unique pour leurs partenaires financiers et commerciaux. Elle suggère également la reconnaissance des certifications environnementales déjà acquises par les industriels et la création de guides sectoriels adaptés aux réalités métiers de l'automobile, de l'aéronautique, du textile ou de l'agroalimentaire.

Sécuriser les investissements de long terme

Pour les industriels, la transition écologique nécessite des investissements lourds dont l'amortissement s'étale sur quinze à vingt ans. L'ASMEX insiste sur la nécessité de stabilité pour les activités dites « en transition ». L'organisation recommande un calendrier prévisible pour toute évolution des critères, afin de ne pas fragiliser les décisions stratégiques des entreprises. Elle propose également que cette taxonomie devienne un langage commun pour les institutions financières nationales, telles que le Fonds Mohammed VI pour l'investissement ou Tamwilcom, afin de simplifier l'accès aux financements durables.

Un cadre de concertation pérenne

Afin d'assurer l'efficacité du dispositif, l'ASMEX appelle à la création d'un cadre de dialogue permanent entre les administrations, les régulateurs et le secteur privé. Cette instance permettrait d'ajuster le référentiel en fonction des innovations technologiques et des retours d'expérience du terrain, garantissant ainsi que la transition écologique reste un moteur de croissance plutôt qu'une contrainte réglementaire isolée.

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