Le paysage de l'attractivité économique africaine connaît un basculement significatif avec la progression du Maroc au quatrième rang du classement annuel de la Rand Merchant Bank (RMB). Ce rapport, qui évalue 31 nations selon vingt indicateurs de performance, place désormais le Royaume devant l'Afrique du Sud, marquant une étape clé dans la dynamique industrielle du continent.
L'ascension marocaine portée par l'industrie manufacturière
La montée en puissance du Maroc s'explique par une stratégie d'industrialisation cohérente et une diversification accrue de ses exportations. Le secteur automobile s'impose comme le fer de lance de cette dynamique : en 2025, le pays a produit plus de 500 000 véhicules, représentant 40,8 % de la production totale du continent. Cette performance est consolidée par le retour du pays dans la catégorie « investment grade » de l'agence S&P et par des investissements massifs en infrastructures, notamment en vue de la Coupe du monde 2030.
Le recul relatif de l'Afrique du Sud
Si l'Afrique du Sud conserve des atouts structurels, tels que la profondeur de ses marchés financiers et des réformes énergétiques en cours, elle cède sa place au classement en raison d'une croissance atone. Les défis persistants en matière de logistique et d'approvisionnement électrique freinent sa compétitivité industrielle face à des économies plus dynamiques. Le pays, qui a dominé ce palmarès entre 2011 et 2016, occupe désormais la cinquième position.
Stabilité du podium et signaux de réforme
Le haut du classement demeure inchangé pour la troisième année consécutive, avec les Seychelles en tête, suivies de Maurice et de l'Égypte. Parallèlement à ces positions établies, le rapport souligne la progression notable du Nigeria. En gagnant sept places pour atteindre le 11e rang, le géant ouest-africain récolte les premiers fruits de réformes structurelles majeures, incluant la libéralisation du marché des changes et la suppression des subventions aux carburants, des mesures jugées essentielles par les analystes pour stabiliser sa trajectoire économique à long terme.