Le Parlement espagnol a voté le 10 septembre une loi qui accorde la nationalité à des dizaines de milliers de Sahraouis nés sous l’administration coloniale. Le Maroc, qui administre 80 % du Sahara occidental, n’a pas officiellement critiqué la mesure, estimant qu’elle ne remet pas en cause son intégrité territoriale.
Adoption du texte par le Parlement espagnol
Les députés espagnols ont approuvé, jeudi 10 septembre, un projet de loi destiné à octroyer la citoyenneté espagnole à des Sahraouis occidentaux nés lorsque le territoire était encore sous souveraineté espagnole. Le texte vise à régulariser la situation de dizaines de milliers de personnes qui, selon l’Espagne, remplissent les critères de naissance sous son administration.
Réaction officielle du Maroc
Le gouvernement de Rabat n’a pas publié de condamnation officielle. D’après les médias marocains, Ramadan Messaoud, membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes, a déclaré en juillet que le Maroc n’avait « aucun problème » avec l’obtention de la nationalité espagnole par les Sahraouis. Cette position indique une volonté de ne pas exacerber les tensions autour du statut du Sahara occidental.
Analyse des implications géopolitiques
Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, spécialiste du Sahara occidental, estime que l’initiative « remue le passé colonial » mais que les autorités marocaines ne sont pas profondément mécontentes pour deux raisons principales. D’une part, l’accès à la citoyenneté espagnole pourrait inciter un nombre important d’activistes sahraouis à quitter le territoire pour s’établir en Europe, réduisant ainsi la pression locale. D’autre part, le Front Polisario pourrait perdre en légitimité si une partie de ses réfugiés, notamment ceux de Tindouf, obtient la nationalité espagnole et s’installe hors du camp.
Conséquences pour les réfugiés sahraouis
Si la loi est mise en œuvre, de nombreux Sahraouis pourraient bénéficier d’un statut de citoyen européen, ouvrant la voie à la mobilité, à l’accès à l’emploi et aux services sociaux en Espagne ou dans d’autres pays de l’Union européenne. Cette perspective pourrait modifier les dynamiques migratoires et influencer les revendications politiques autour du conflit du Sahara occidental.