Le projet de loi de finances 2027 marque un tournant dans la gestion des deniers publics au Maroc, en substituant la logique de volume par une exigence de performance opérationnelle. L'objectif est d'aligner strictement les décaissements budgétaires sur la capacité réelle des administrations à concrétiser leurs projets, tout en visant une réduction du déficit public à 3% du PIB d'ici 2027.
Une nouvelle rigueur dans la programmation budgétaire
Le cadrage macroéconomique triennal 2027-2029 introduit une discipline inédite : les départements ministériels ne pourront plus se contenter d'inscrire des projets au budget sans démontrer leur capacité effective à les mener à terme. Cette approche s'appuie sur une analyse fine des taux de report de crédits et des niveaux d'exécution passés. Désormais, la programmation devient sélective, exigeant une vérification préalable des moyens disponibles avant tout engagement financier.
Priorité à l'achèvement des projets en cours
Face à une hausse notable des dépenses d'investissement — qui ont atteint 62,2 milliards de dirhams au premier semestre 2026, soit une progression de 14,3 % sur un an — le gouvernement choisit de privilégier la finalisation des opérations déjà engagées. Cette directive concerne particulièrement les projets portés par des instructions royales ou issus de conventions internationales. Pour les établissements et entreprises publics, les subventions seront désormais étroitement corrélées à l'état d'avancement réel des chantiers et aux disponibilités de trésorerie, limitant ainsi les transferts préventifs.
Rationalisation des dépenses et assainissement financier
Au-delà de l'investissement, le cadre budgétaire impose une rationalisation stricte des coûts de fonctionnement. Le rapport préconise une régularisation foncière préalable pour tout nouveau projet et une limitation des dépenses administratives, notamment l'acquisition de véhicules et l'aménagement de bâtiments. Parallèlement, la gestion des ressources humaines sera optimisée par le redéploiement des postes budgétaires plutôt que par une création systématique de nouveaux emplois.
Un cap fixé pour la trajectoire de la dette
Cette stratégie de sélection de la dépense s'inscrit dans une volonté de maîtrise des équilibres macroéconomiques à moyen terme. Le gouvernement ambitionne de stabiliser le déficit budgétaire à 3% du PIB sur la période 2027-2029. Cette trajectoire doit également permettre de réduire le ratio d'endettement public, qui devrait passer de 66,6 % du PIB en 2025 à 63 % en 2029, garantissant ainsi une meilleure soutenabilité des finances de l'État.