Le Maroc engage une mise à jour exhaustive de son inventaire national des gaz à effet de serre (GES) couvrant la période 1990-2024. Cette démarche s'inscrit dans le cadre du deuxième rapport biennal de transparence, visant à aligner les données nationales sur les exigences de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et de l'Accord de Paris.
Optimisation des données sectorielles sur les déchets
Le projet se concentre particulièrement sur le secteur des déchets, qu'ils soient solides ou liquides. Un appel à consultation a été lancé pour obtenir une assistance technique spécialisée afin de fiabiliser les données existantes et de combler les lacunes historiques. Le consultant mandaté aura pour mission de vérifier la cohérence des paramètres, d'éliminer les doublons et d'établir un registre des sources rigoureux. L'objectif est de produire des estimations précises qui permettront d'analyser l'évolution des émissions sur plus de trois décennies et d'identifier les facteurs explicatifs des tendances observées.
Renforcement des capacités institutionnelles
Au-delà de la simple collecte de chiffres, cette initiative vise à structurer durablement le dispositif national de transparence. En mobilisant des équipes sectorielles et une expertise internationale, le Royaume cherche à améliorer la traçabilité et la qualité de ses rapports climatiques. Ce travail de compilation, qui aboutira à l'élaboration du document national d'inventaire (NID) et des tableaux communs de notification (CRT), est crucial pour renforcer les capacités techniques des institutions marocaines face aux enjeux climatiques mondiaux.
Vers une régulation du marché carbone
Bien que le Maroc ne représente que 0,2 % des émissions mondiales de GES, le pays maintient une posture proactive. Cette mise à jour technique accompagne l'élaboration de l'avant-projet de loi n° 62.25, actuellement en consultation publique. Ce texte législatif ambitionne de structurer le marché du carbone national et de définir les procédures d'approbation des projets de réduction d'émissions. En harmonisant son cadre juridique avec les mécanismes de coopération prévus par l'article 6 de l'Accord de Paris, le Maroc entend accroître son attractivité pour les investissements climatiques internationaux tout en garantissant la conformité de ses politiques publiques avec les standards environnementaux mondiaux.