Le Maroc renforce sa gouvernance des risques critiques sous l'impulsion de l'OCDE

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 13 lectures
Le Maroc renforce sa gouvernance des risques critiques sous l'impulsion de l'OCDE

Le Maroc se distingue par une structuration institutionnelle innovante dédiée à la gestion des risques critiques, une avancée saluée dans le dernier rapport de l'OCDE. En intégrant une fonction de coordination centrale au ministère de l'Intérieur et en développant des outils d'analyse scientifique, le Royaume cherche à transformer sa stratégie de réponse aux urgences en une politique proactive de prévention et d'investissement.

Une coordination centralisée pour anticiper les menaces

Au cœur du dispositif marocain, l'instauration d'un Chief Risk Officer au sein du ministère de l'Intérieur marque une volonté de décloisonner la gestion des crises. Cette fonction vise à harmoniser les actions entre les différents échelons territoriaux et les secteurs administratifs, souvent fragmentés. L'OCDE souligne que cette approche permet de dépasser la simple réaction aux catastrophes pour intégrer la gestion des risques dans les choix d'investissement publics, garantissant ainsi une meilleure résilience face aux aléas.

L'observatoire national comme levier scientifique

Pour fonder ses décisions sur des données probantes, le Maroc développe actuellement un National Risk Observatory. Ce projet ambitionne de centraliser les expertises scientifiques issues de diverses institutions pour offrir une lecture transversale des dangers. En adoptant cette logique dite « all hazards », le pays cherche à identifier les interactions entre les risques, qu'ils touchent aux infrastructures, aux chaînes d'approvisionnement ou aux services essentiels, afin d'éviter les effets en cascade lors d'un événement majeur.

Un engagement de long terme dans la gouvernance

La stratégie marocaine s'inscrit dans une collaboration durable avec l'OCDE, initiée par une revue par les pairs en 2017. Le suivi rigoureux des recommandations de l'organisation, intégré au « Morocco Country Programme », témoigne d'une volonté de pérenniser ce cycle de gouvernance. L'enjeu pour le Royaume est désormais de faire fonctionner ces nouveaux outils d'analyse comme un ensemble cohérent, capable de traduire les données scientifiques en décisions opérationnelles concrètes.

Le défi de la traduction en action publique

Si l'architecture marocaine réunit les composantes nécessaires à une gestion moderne des risques, l'OCDE rappelle que le défi majeur reste la mise en œuvre effective. Dans de nombreux pays, les capacités de prospective peinent encore à influencer les politiques publiques. Pour le Maroc, la réussite de ce modèle dépendra de sa capacité à hiérarchiser les investissements en fonction des interdépendances identifiées, déplaçant ainsi le centre de gravité de l'action étatique vers une anticipation systématique des crises futures.

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