Représentant le Roi Mohammed VI au troisième Sommet Russie-Afrique à Moscou, la Cheffe du gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri, a réitéré la centralité de l'Afrique dans la diplomatie du Royaume. Elle a plaidé pour une mutation du partenariat russo-africain, passant d'une logique de planification à une mise en œuvre opérationnelle axée sur les priorités stratégiques du continent.
Des initiatives structurantes pour l'intégration continentale
Le Maroc mise sur des projets d'envergure pour renforcer la connectivité et la stabilité en Afrique. Parmi les leviers cités figurent l'Initiative des États africains atlantiques et le projet de Gazoduc Nigeria-Maroc, destinés à favoriser le co-développement régional. L'Initiative Royale pour l'accès des pays du Sahel à l'Océan Atlantique illustre également cette volonté de désenclaver les zones enclavées par le déploiement d'infrastructures modernes, essentielles à l'intégration économique ouest-africaine.
Priorités pour un partenariat renouvelé
Pour la délégation marocaine, le partenariat avec la Russie doit désormais se concentrer sur quatre piliers fondamentaux : la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, l'industrialisation et le transfert de technologies. Alors que les échanges commerciaux entre la Russie et l'Afrique ont atteint 27,7 milliards de dollars en 2025, El Mansouri a insisté sur la nécessité d'adapter les plans d'action aux besoins réels des nations africaines, soulignant que le continent dispose d'un capital humain et de ressources stratégiques qui lui confèrent un rôle croissant sur l'échiquier mondial.
Le socle des relations maroco-russes
Sur le plan bilatéral, le Maroc se maintient parmi les trois premiers partenaires économiques de la Russie en Afrique. Malgré un contexte géopolitique international complexe, les échanges commerciaux ont atteint 630 millions de dollars en 2025, portés par une hausse de 18 % des exportations marocaines. La coopération s'étend également au domaine académique, avec plus de 7 000 étudiants marocains formés en Russie sur l'année 2024-2025. Cette dynamique est désormais soutenue par un comité de travail bilatéral, instauré en septembre 2026, visant à explorer de nouveaux horizons dans les secteurs de l'énergie, des sciences et des technologies.