L'ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a réitéré la position de Rabat concernant le dossier du Sahara occidental lors d'une intervention publique. Le diplomate a mis en avant la primauté d'une solution négociée basée sur le plan d'autonomie marocain, tout en réaffirmant l'attachement du Royaume à l'intégrité territoriale et au cadre juridique onusien.
Le cadre juridique onusien et la recherche de compromis
Hassan Naciri a souligné que la résolution du différend doit s'inscrire exclusivement dans le cadre du chapitre VI de la Charte des Nations unies, dédié au règlement pacifique des différends par la négociation et le compromis. En écartant le chapitre VII, le diplomate insiste sur une approche qui exclut toute désintégration d'un État. Il s'appuie sur plusieurs résolutions onusiennes pour justifier une démarche axée sur la volonté commune des parties, plutôt que sur des mesures coercitives.
La portée historique de la bay’a
Au cœur de l'argumentaire marocain, l'ambassadeur a rappelé l'importance de la bay’a, ou acte d'allégeance. Selon lui, cette pratique constitue un lien historique et religieux fondamental entre le souverain et les populations du Sahara. Il considère que cet élément, conforté par l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 1975, demeure un pilier central de la souveraineté marocaine sur le territoire.
De l'impasse référendaire à l'initiative d'autonomie
Revenant sur l'évolution du processus diplomatique, l'ambassadeur a expliqué l'abandon du projet de référendum initialement prévu en 1991. Il a qualifié cette option d'inapplicable, citant l'impossibilité technique de définir avec précision le corps électoral malgré les efforts des Nations unies. Face à cette impasse, le Maroc a formulé en 2007 une proposition d'autonomie, présentée comme une réponse aux appels onusiens à l'innovation diplomatique. Cette initiative est aujourd'hui qualifiée par Rabat de sérieuse et réaliste, bénéficiant d'un soutien croissant au sein de la communauté internationale.
Stabilité régionale et dividendes de la paix
Pour le diplomate, l'adoption de ce plan d'autonomie représente une opportunité majeure pour la stabilité de la sous-région. En favorisant une résolution définitive du conflit, le Maroc mise sur le renforcement de la coopération régionale et l'intégration économique. Hassan Naciri présente cette issue comme un vecteur de paix durable, permettant aux pays concernés de partager les bénéfices politiques et économiques d'un environnement stabilisé.