Lors du sommet extraordinaire de l’Union africaine à Luanda, le Maroc a plaidé pour une refonte des stratégies africaines de paix et de sécurité, en faisant de la prévention des conflits un levier central plutôt qu’une réponse tardive. Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux racines des tensions, en liant développement, sécurité et stabilité pour éviter l’escalade des crises.
Un appel à repenser les mécanismes de prévention
Le ministre a souligné que les conflits africains trouvent souvent leur origine dans des inégalités structurelles, des crises économiques ou des gouvernances fragiles. Plutôt que de se contenter de déployer des missions de maintien de la paix après les crises, il a proposé d’investir dans des politiques publiques capables de prévenir les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. Cette approche, baptisée « nexus paix-sécurité-développement », vise à créer des conditions durables de stabilité.
Le Maroc mise sur la cohérence entre l’UA et l’ONU
Bourita a également insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée entre l’Union africaine et les Nations Unies, notamment pour le financement des mécanismes de prévention. Il a rappelé que les procédures budgétaires de l’UA doivent être respectées pour garantir une mise en œuvre efficace du Plan d’action de Luanda, adopté lors de ce sommet. Ce plan, dont la matrice de mise en œuvre sera finalisée, doit servir de feuille de route pour les prochaines années.
Luanda, symbole d’une Afrique en quête de solutions endogènes
Ce sommet extraordinaire, convoqué à la demande des chefs d’État africains en février 2026, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). L’objectif affiché est clair : transformer l’Afrique en un continent « pacifique et sûr » grâce à des solutions conçues par et pour les Africains. Les décisions adoptées à Luanda pourraient redéfinir la gouvernance des crises sur le continent, en privilégiant la prévention plutôt que l’intervention.