Le Maroc plaide pour une réforme de l'Examen périodique universel axée sur l'impact concret des droits humains

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 17 lectures
Le Maroc plaide pour une réforme de l'Examen périodique universel axée sur l'impact concret des droits humains

Vingt ans après la création de l’Examen périodique universel (EPU), le Maroc appelle à une mutation profonde de ce mécanisme onusien. L'objectif est de dépasser le stade des simples rapports diplomatiques pour garantir une mise en œuvre effective et mesurable des recommandations en matière de droits de l'Homme au sein des États.

Cette réflexion, portée par la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme, s'appuie sur les conclusions de la « Retraite de Rabat » tenue en juin 2026. Ce forum a réuni une diversité d'acteurs, allant des représentants d'États aux institutions nationales et experts indépendants, afin de définir les contours du prochain cycle de l'EPU.

Prioriser l'action nationale et le suivi continu

Le Maroc insiste sur la nécessité de rompre avec une logique limitée à la préparation de rapports périodiques. Pour Rabat, l'EPU doit devenir un processus continu, reliant l'examen international à l'action publique nationale. Cela implique une planification structurée, des responsabilités clairement identifiées et l'utilisation d'indicateurs de performance pour mesurer les progrès réels. L'enjeu est de transformer des recommandations parfois trop générales en objectifs ciblés, mieux adaptés aux réalités socio-politiques de chaque pays.

Le rôle stratégique des mécanismes nationaux (NMIRFs)

Au cœur de cette stratégie figurent les mécanismes nationaux de mise en œuvre, d’établissement des rapports et de suivi (NMIRFs). Loin d'être de simples outils administratifs, ces structures doivent servir de pivots pour coordonner l'action entre les différents départements ministériels. Un ancrage institutionnel fort permettrait d'éviter la fragmentation des politiques publiques et d'assurer une continuité entre deux cycles d'examen, faisant ainsi dialoguer les engagements internationaux avec les priorités nationales de développement.

Innovation technologique et coopération Sud-Sud

Pour renforcer l'efficacité du cinquième cycle, le Maroc propose d'intégrer davantage les nouvelles technologies dans la gestion et le suivi des recommandations. Parallèlement, le Royaume mise sur le renforcement de la coopération Sud-Sud et triangulaire. Le partage d'expériences entre pairs et le recours à des plateformes régionales sont présentés comme des leviers essentiels pour accroître les capacités des États, tout en préservant les principes fondamentaux de l'EPU tels que l'universalité et l'égalité de traitement.

Vers une cohérence globale des mécanismes onusiens

Loin de vouloir réinventer le système, le Maroc prône une optimisation des outils existants. Cette dynamique ne se limite pas à l'EPU : le Royaume envisage d'étendre cette réflexion à l'ensemble des mécanismes internationaux de protection des droits de l'Homme. En organisant prochainement de nouvelles concertations, Rabat souhaite prolonger cet élan pour favoriser une approche plus cohérente et plus impactante des engagements internationaux sur le terrain.

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