Le Maroc s'impose comme le principal partenaire militaire des États‑Unis sur le continent africain, un rôle consolidé lors de l'exercice « African Lion » et soutenu par des think‑tanks américains qui prônent une coopération accrue avec les forces royales marocaines.
Un exercice militaire emblématique à Tantan
Le 31 mai 2024, le général Michael Langley, commandant du Commandement des États‑Unis pour l’Afrique (AFRICOM), et le général de division Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales marocaines, ont assisté à la 20ᵉ édition de l’exercice « African Lion » à Tantan. Cette manœuvre, qui réunit chaque année des troupes américaines et africaines, a permis de tester l’interopérabilité, les capacités de réponse rapide et la coordination logistique entre les deux armées. La présence du haut commandement américain souligne l’importance stratégique accordée au Maroc dans le cadre de la sécurité régionale.
Une coopération soutenue par la Heritage Foundation
L’Allison Center for National Security, rattaché à la Heritage Foundation, a récemment publié une analyse recommandant aux États‑Unis de privilégier une coopération approfondie avec les pays déjà signataires des accords de défense, en mettant particulièrement en avant le Maroc. Cette orientation s’inscrit dans la « nouvelle phase des accords d’Abraham », qui vise à élargir les partenariats sécuritaires au-delà du Moyen‑Orient pour inclure des acteurs clés d’Afrique du Nord. Selon le centre, le Maroc offre une plateforme géopolitique stable, des capacités militaires modernes et un accès stratégique à la Méditerranée.
Implications pour la stratégie américaine en Afrique
En plaçant le Maroc au cœur de sa politique de défense africaine, les États‑Unis cherchent à contrer l’influence croissante d’autres puissances, notamment la Chine et la Russie, qui intensifient leurs investissements militaires sur le continent. Le partenariat marocain permet à AFRICOM de disposer d’une base logistique fiable, d’un réseau de renseignement renforcé et d’une force terrestre capable de mener des opérations conjointes. À moyen terme, cette alliance pourrait déboucher sur des accords de partage de renseignements, des programmes de formation avancée et une présence accrue des forces américaines dans les ports et aéroports marocains.
Défis et perspectives pour le Maroc
Si le rôle de pivot renforce la stature internationale du Royaume, il impose également des exigences en matière de souveraineté et de politique intérieure. Le Maroc devra équilibrer ses relations avec les États‑Unis tout en préservant ses intérêts régionaux, notamment dans le conflit du Sahara occidental. De plus, la dépendance accrue à l’égard de l’aide et de la coopération militaire américaine pourrait susciter des débats au sein de la société marocaine sur la direction de sa politique de défense. Néanmoins, les dirigeants marocains voient dans ce partenariat une opportunité de moderniser leurs forces armées et de renforcer la sécurité du pays et de la région.