Le projet de budget 2027 du ministère de l’Emploi et du Dialogue social au Maroc marque un tournant stratégique pour l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec). Avec une enveloppe portée à 1,088 milliard de dirhams, contre 710,7 millions en 2026, l'agence bénéficie d'une augmentation de 53 % destinée à intensifier les politiques d'insertion professionnelle et à moderniser ses dispositifs d'accompagnement.
Une montée en puissance des programmes d'insertion
La hausse spectaculaire des moyens alloués à l'Anapec repose principalement sur le renforcement des programmes de promotion de l'emploi, dont les crédits bondissent de 64 %, passant de 390 millions à 640 millions de dirhams. Parallèlement, l'effort d'investissement de l'agence est multiplié par six, atteignant 60 millions de dirhams. Cette injection de fonds vise à restructurer les mécanismes d'intermédiation sur le marché du travail et à élargir le spectre des bénéficiaires, avec une attention particulière portée à l'employabilité des jeunes.
Refonte structurelle du ministère
Au-delà de l'aspect financier, le programme d'action pour 2027 prévoit une réorganisation administrative profonde du ministère. Trois nouvelles directions seront créées pour piloter le dialogue social, l'inspection du travail, ainsi que la communication et la transformation numérique. Cette architecture inédite a pour but d'améliorer la coordination intersectorielle et de renforcer les relations avec les partenaires sociaux et le secteur privé. La transformation de l'Observatoire national du marché du travail en une Direction des études, de l'évaluation et de l'observation témoigne également d'une volonté de piloter les politiques publiques par des données plus précises.
Priorités normatives et dialogue social
Le ministère affiche une feuille de route ambitieuse pour 2027, axée sur la modernisation de la législation du travail et la consolidation de l'inspection. L'enjeu est double : garantir le respect des droits fondamentaux des salariés et améliorer la prévention des risques professionnels. L'institutionnalisation du dialogue social et la promotion de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) figurent parmi les objectifs prioritaires. Ces mesures visent à instaurer un cadre de travail plus décent, tout en renforçant l'efficacité des interventions de l'État sur le marché de l'emploi.