Face à l'épuisement progressif des réserves du bassin du Gharb, le Maroc engage une stratégie ambitieuse pour renouveler ses ressources énergétiques. Le projet de loi de finances 2027 prévoit un investissement massif de 9,21 milliards de dirhams (MMDH) sur la période 2026-2031, visant à intensifier la prospection pétrolière et gazière à travers le pays.
Un modèle financier fondé sur le partenariat
L'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) mise sur une stratégie de partage des risques pour mener à bien ce programme. Sur les 9,21 MMDH prévus, environ 91 %, soit 8,38 MMDH, seront financés par des partenaires privés, tandis que l'Office contribuera à hauteur de 829 millions de dirhams. Ce modèle, déjà éprouvé en 2025 où les partenaires ont assuré près de 93,7 % des investissements, permet de mutualiser les coûts élevés des opérations de forage sans garantir la découverte de gisements exploitables.
L'urgence de renouveler les réserves nationales
La nécessité de cette accélération est dictée par des indicateurs de production en baisse. En 2025, la part de gaz naturel livrée par l'ONHYM a chuté de 21 % sur un an, totalisant 20,14 millions de mètres cubes normaux, une tendance corrélée à l'absence de nouveaux forages dans le bassin du Gharb. Parallèlement, la production de condensats a reculé de 10 %. Pour inverser cette courbe, l'Office multiplie les accords de recherche, couvrant actuellement plus de 107 000 km² avec onze partenaires.
Diversification minière et mutation institutionnelle
Au-delà des hydrocarbures, l'ONHYM diversifie ses activités vers les métaux stratégiques et l'hydrogène naturel, avec cinquante projets miniers programmés entre 2026 et 2028. Cette diversification s'accompagne d'une transformation structurelle : l'Office est devenu une société anonyme en juin 2026, une réforme destinée à accroître son agilité opérationnelle. Cette nouvelle organisation intervient alors que le Maroc joue un rôle moteur dans le projet de gazoduc africain atlantique, une infrastructure de 6 800 kilomètres visant à relier treize pays de la façade atlantique d'ici 2031.