Lors d’une réunion à Manille, le Maroc a réaffirmé son ambition de jouer un rôle central dans la connexion entre l’Asie du Sud-Est et l’Afrique, en proposant une vision multidimensionnelle de la connectivité. L’ambassadeur marocain auprès de l’ASEAN, Redouane Houssaini, a présenté cette approche lors d’un sommet régional du 24 au 26 août, soulignant l’importance des infrastructures, des flux numériques et des échanges humains.
Une connectivité au-delà des ports : l’ambition marocaine
Le Maroc ne se contente pas de mettre en avant ses infrastructures portuaires comme Tanger Med, relié à 180 ports dans 70 pays dont une quarantaine en Afrique, ou encore le projet Dakhla Atlantique. L’ambassadeur Houssaini a insisté sur une approche globale, incluant les réseaux numériques, les corridors énergétiques et la mobilité des personnes. Selon lui, cette connectivité doit permettre de « relier les centres de production aux marchés, les capitaux aux opportunités, l’énergie à la demande et les populations au savoir ».
L’énergie et les corridors économiques au cœur du projet
Parmi les réalisations citées figure le Gazoduc Afrique-Atlantique Nigeria-Maroc, un projet visant à renforcer les liens énergétiques entre le continent africain et l’Europe. Le Maroc mise également sur des initiatives comme Dakhla Atlantique, conçu pour faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique. Ces infrastructures s’inscrivent dans la Très Haute Vision du Roi Mohammed VI, qui vise à renforcer l’intégration africaine tout en ouvrant le continent sur son environnement international.
La diplomatie marocaine active pour un partenariat ASEAN-Afrique
Le Maroc, partenaire de dialogue sectoriel de l’ASEAN depuis 2023, cherche à transformer cette relation en projets concrets. L’ambassadeur a évoqué la prochaine réunion du Comité sectoriel de coopération Maroc-ASEAN, prévue à Jakarta à l’automne, comme une étape clé pour concrétiser des initiatives dans les domaines de la logistique, de la finance et de l’éducation. Le Royaume se positionne ainsi comme une « plateforme de production et de logistique proche de l’Europe », offrant un accès aux chaînes de valeur africaines.
L’Agence marocaine de coopération internationale, un outil clé
Pour renforcer la connectivité humaine, le Maroc s’appuie sur l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), qui déploie des programmes de formation, de bourses d’études et de renforcement des capacités. Ces initiatives visent à rapprocher les populations africaines et asiatiques, en développant des compétences communes et en favorisant les échanges universitaires et professionnels. Une approche qui s’inscrit dans la stratégie de coopération Sud-Sud du Royaume.