Le Maroc franchit une étape décisive dans sa stratégie de transition énergétique en lançant les études de faisabilité pour son premier parc éolien en mer. Ce projet ambitieux, situé au large d’Essaouira, vise une capacité installée de 1 000 MW et bénéficie d'un soutien financier de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Un consortium international pour un défi technique
Le pilotage de cette phase d'étude, d'une durée prévue de deux ans, a été confié au cabinet norvégien Offshore Wind Consultants (OWC). Pour mener à bien cette mission, OWC s'est entouré d'un groupement d'experts incluant les filiales françaises du groupe Ginger, le cabinet Gaïa Terre Bleue et l'ingénieriste marocain Novec. Ce collectif multidisciplinaire a pour mandat d'évaluer la viabilité technique, financière et juridique du projet, en s'appuyant sur les expertises maritimes du groupe ABL. Le budget alloué à cette phase préparatoire s'élève à deux millions d'euros, avec une possibilité d'extension à trois millions.
Le choix stratégique d'Essaouira
La sélection du site d'Essaouira repose sur des critères géographiques et économiques précis. La zone présente l'un des potentiels éoliens les plus élevés de la façade atlantique marocaine. Surtout, la faible profondeur des fonds marins à cet endroit permet d'envisager l'installation d'éoliennes sur des fondations fixes, une technologie nettement plus compétitive que les solutions flottantes. L'Agence marocaine pour l'énergie durable (Masen) supervise ce dossier, qui s'inscrit désormais dans le cadre du Partenariat bleu pour la Méditerranée porté par l'Union pour la Méditerranée.
Les obstacles réglementaires et opérationnels
Au-delà des mesures de vent et de l'ingénierie, le projet fait face à un défi structurel : l'absence actuelle d'un cadre réglementaire marocain spécifique à l'éolien offshore. Les consultants devront donc proposer des recommandations juridiques pour encadrer les futurs appels d'offres et autorisations. Parallèlement, des études approfondies seront menées sur l'intégration de cette production au réseau électrique national, ainsi que sur les impacts environnementaux et sociaux en mer. Si les étapes de validation se succèdent avec succès, le calendrier ambitionne un démarrage des travaux à l'horizon 2029.