Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2025 a placé le Maroc parmi les nations les moins performantes en sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit. Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports répond en rappelant que les élèves évalués n’ont pas encore bénéficié du dispositif des établissements pionniers et en détaillant les mesures prévues pour renforcer l’enseignement primaire.
Résultats du PISA 2025 et position du Maroc
Sur les 91 pays et économies participants, les 15‑ans marocains ont obtenu 358 points en sciences, 355 en mathématiques et 321 en compréhension de l’écrit. Ces scores les ont relégués au 82ᵉ rang sur 90 en sciences, au 82ᵉ sur 86 en mathématiques et au 86ᵉ sur 89 en lecture. L’écart avec la moyenne de l’OCDE reste important : 482 points en sciences, 463 en mathématiques et 461 en lecture contre les scores marocains.
Pourquoi les scores ne reflètent pas les réformes en cours
Le ministère souligne que les élèves interrogés ont suivi l’ensemble de leur scolarité dans le cadre du modèle éducatif antérieur, avant le lancement des établissements pionniers prévus dans la feuille de route 2022‑2026. Aucun d’eux n’a donc pu profiter des nouvelles pratiques pédagogiques, des ressources numériques renforcées ou de la formation continue des enseignants qui caractérisent le dispositif. Le ministère estime que l’impact de ces réformes ne pourra être mesuré qu’une fois que les cohortes formées intégralement dans les établissements pionniers atteindront l’âge de 15 ans.
Plan du ministère : priorités et déploiement des établissements pionniers
Face aux lacunes identifiées, la stratégie actuelle place l’enseignement primaire au cœur de la réforme. Les actions comprennent : le renforcement des compétences de base en lecture et en mathématiques, la détection précoce des difficultés d’apprentissage, l’accélération de la généralisation des établissements pionniers au primaire et au collège, le soutien à la remédiation, l’adaptation des contenus pédagogiques, la formation continue des enseignants et le développement de ressources didactiques numériques. L’objectif affiché est de combler les déficits qui se manifestent dès les premières années du primaire et qui se cumulent jusqu’au secondaire.
Perspectives et défis pour l’école marocaine
Les baisses observées entre 2022 et 2025 (‑10 points en mathématiques, ‑18 en lecture, ‑7 en sciences) s’inscrivent dans une tendance internationale de recul des moyennes OCDE. Le ministère reconnaît toutefois que l’écart avec les standards internationaux demeure majeur et que la trajectoire du Maroc suit, à grands traits, celle de nombreux pays. La réussite des réformes dépendra de la rapidité de la généralisation des établissements pionniers, de l’efficacité des dispositifs de soutien et de la capacité à transformer les données du PISA en leviers d’amélioration concrète pour les élèves marocains.