Le Maroc et l'Union européenne scellent un nouveau partenariat stratégique pour la souveraineté sanitaire

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 20 lectures
Le Maroc et l'Union européenne scellent un nouveau partenariat stratégique pour la souveraineté sanitaire

La clôture officielle du Programme d’appui au secteur de la santé (PASS III) à Rabat marque un tournant dans la relation entre le Maroc et l’Union européenne. Au-delà du bilan des six années écoulées, les deux partenaires ont acté une volonté commune de transformer leur coopération en un pilier stratégique axé sur la résilience et l'innovation.

Un bilan axé sur la structuration du système

Lancé en 2020, le PASS III a permis d'accompagner le Royaume dans des chantiers de fond, allant de la gouvernance territoriale à l'accréditation hospitalière. Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a souligné l'importance de cet appui dans le renforcement des capacités de veille sanitaire et la modernisation de l'offre de soins. L'ambassadeur de l'Union européenne au Maroc, Dimiter Tzantchev, a précisé que ce programme a dépassé le simple cadre financier pour s'inscrire dans une démarche durable, incluant la reconstruction d'infrastructures après le séisme d'Al Haouz et le développement d'outils de pilotage institutionnel.

Priorités pour une souveraineté sanitaire renforcée

La nouvelle phase de coopération se concentre désormais sur des enjeux de souveraineté. Le Maroc, fort d'une base industrielle pharmaceutique en développement, ambitionne de renforcer la production locale et l'innovation. L'Union européenne s'est engagée à soutenir cette dynamique par le transfert d'expertise et le renforcement des capacités réglementaires. Cette collaboration vise également à sécuriser l'accès aux produits de santé et à consolider la préparation face aux crises épidémiologiques futures, une leçon tirée de la pandémie de Covid-19.

Le virage numérique et le défi des ressources humaines

La transformation numérique s'impose comme un levier central pour améliorer la performance du système de santé marocain. Les deux parties misent sur l'interopérabilité des systèmes d'information, la télémédecine et l'intelligence artificielle pour réduire les inégalités territoriales et optimiser la gestion des données de santé. Parallèlement, le volet humain demeure une priorité absolue : le ministre et l'ambassadeur ont insisté sur la nécessité d'investir massivement dans la formation et la valorisation des professionnels de santé, condition sine qua non à la réussite de la généralisation de la protection sociale en cours au Maroc.

Une vision intégrée dans le Pacte pour la Méditerranée

Cette coopération renouvelée s'inscrit dans le cadre plus large du nouveau Pacte pour la Méditerranée, plaçant le citoyen au cœur des échanges. Pour les deux partenaires, l'investissement dans la santé est indissociable de la cohésion sociale et de la stabilité régionale. Alors que le Maroc poursuit ses réformes structurelles, ce partenariat se veut un modèle d'intégration des transitions démographiques et climatiques, transformant l'assistance technique traditionnelle en un véritable moteur de développement durable.

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