La candidature conjointe du Maroc, de l'Espagne et du Portugal pour la Coupe du monde 2030 fait face à des turbulences politiques en Espagne. En réponse aux contestations émanant de certains partis espagnols, Rabat laisse planer la menace d'une révision de ses futurs appels d'offres, mettant en jeu des intérêts économiques bilatéraux majeurs.
Une coopération économique sous tension
Les relations commerciales entre le Maroc et l'Espagne sont marquées par une forte interdépendance, avec des échanges annuels dépassant les 22,5 milliards d'euros. L'Espagne bénéficie d'un excédent commercial significatif, soutenu par une présence industrielle robuste. En février 2025, plus de 350 entreprises espagnoles étaient implantées sur le sol marocain, opérant dans des secteurs stratégiques tels que le dessalement d'eau, le transport ferroviaire et les infrastructures urbaines.
Des projets d'infrastructures d'envergure
Le Maroc a engagé des investissements massifs pour moderniser ses équipements en vue du Mondial 2030. Parmi les chantiers emblématiques, le groupe Acciona participe à la construction de l'usine de dessalement de Casablanca, un projet évalué à environ 613 millions d'euros. Dans le secteur ferroviaire, le constructeur CAF a récemment sécurisé un contrat pour 40 trains interurbains, soutenu par un financement espagnol de 754,3 millions d'euros. Ces investissements s'inscrivent dans un vaste programme de modernisation de l'ONCF, dont l'enveloppe globale atteint 29 milliards de dirhams pour l'acquisition de 168 trains.
La menace d'une réorientation des marchés
La remise en cause de la participation marocaine par des formations politiques espagnoles, telles que Sumar et Vox, a provoqué une réaction de Rabat. Bien qu'aucune sanction officielle n'ait été prononcée et qu'aucun contrat en cours n'ait été annulé, le gouvernement marocain pourrait privilégier d'autres partenaires internationaux lors des prochains appels d'offres si la pression politique persiste. Cette posture souligne la volonté du Royaume de protéger ses intérêts stratégiques tout en rappelant que la réussite de l'organisation du Mondial 2030 repose sur une stabilité politique partagée entre les trois pays hôtes.