Le gouvernement marocain a placé la refonte de la Moudawana, le Code de la famille en vigueur depuis 2004, au sommet de son agenda législatif avec l'objectif d'un vote d'ici deux mois. Ce chantier complexe, relancé en 2022 et marqué par la soumission de plus de 130 amendements au roi Mohammed VI, cherche à concilier les aspirations réformatrices avec les équilibres conservateurs du royaume.
Les points de friction législative
La révision du texte se heurte à des résistances politiques persistantes qui freinent son adoption depuis plusieurs années. Les débats se cristallisent autour de sujets sociétaux sensibles tels que les règles successorales, le statut du travail domestique et les conditions entourant le mariage des mineures. Ces points de blocage illustrent la tension entre une société marocaine en pleine mutation et le poids des traditions juridiques et religieuses.
La gestion des ruptures conjugales
Face à l'augmentation des demandes de divorce, qui ont atteint plus de 154 000 dossiers en 2025 selon les données du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a mis en avant le recours à la médiation indépendante. Cette approche vise à désengorger les tribunaux tout en offrant un cadre plus souple pour la résolution des conflits familiaux, dans un contexte où la stabilité des structures familiales demeure un enjeu majeur pour les autorités.
L'encadrement strict du mariage des mineures
Si l'âge minimal du mariage reste fixé à 18 ans, le ministre de la Justice a exprimé une volonté claire de durcir les conditions d'octroi des dérogations judiciaires. En restreignant le cadre légal permettant ces exceptions, le gouvernement tente de répondre aux critiques sur les pratiques actuelles sans pour autant ouvrir un débat frontal sur le seuil d'âge lui-même. L'enjeu pour l'exécutif reste de faire évoluer le droit sans provoquer de rupture brutale dans les équilibres culturels et politiques du pays.