Le gouvernement marocain a dévoilé les grandes lignes de son projet de loi de Finances (PLF) pour 2027, marquant l'ultime exercice budgétaire de la mandature actuelle. Ce cadre macroéconomique ambitionne de concilier la poursuite des grands chantiers d'infrastructures avec la consolidation de l'État social et le renforcement de la compétitivité du secteur privé.
Modernisation des infrastructures et connectivité nationale
Le PLF 2027 mise sur une accélération des projets structurants pour renforcer l'attractivité du Royaume. Le secteur routier verra la poursuite de l'autoroute continentale Rabat-Casablanca et de l'axe Guercif-Nador. Sur le plan ferroviaire, l'accent est mis sur l'extension de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech, ainsi que sur le développement de réseaux express régionaux (RER) dans les pôles de Casablanca, Rabat et Marrakech. Parallèlement, la stratégie « Aéroports 2030 » vise à porter la capacité d'accueil nationale à 80 millions de passagers, soutenue par une montée en puissance de la flotte de la Royal Air Maroc.
Soutien à l'investissement et aux TPME
Pour stimuler la croissance et l'emploi, l'exécutif entend dynamiser l'investissement privé via la Charte de l'investissement. Une attention particulière est portée aux Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPME) avec la mise en place d'un système national de notation (scoring) et une facilitation de l'accès au financement bancaire. La réforme des marchés publics est également au cœur du dispositif, avec un relèvement des seuils pour les bons de commande et les appels d'offres simplifiés, afin de favoriser la production locale et la substitution aux importations.
Pérennisation de l'État social et santé
Le volet social reste une priorité, avec la généralisation de l'Assurance maladie obligatoire (AMO) et le déploiement de l'Aide sociale directe (ASD). Le gouvernement introduit des mécanismes incitatifs, via l'Agence nationale du soutien social, pour favoriser l'insertion des bénéficiaires dans le marché du travail formel. En matière de santé, l'effort porte sur la mise en service de nouveaux Centres hospitaliers universitaires (CHU) à Laâyoune et Rabat, ainsi que sur la réhabilitation de 90 hôpitaux. L'objectif affiché est d'atteindre un ratio de 45 professionnels de santé pour 10 000 habitants d'ici 2030, soutenu par une digitalisation accrue du système hospitalier.
Équilibres financiers et accès aux soins
Afin de garantir la viabilité financière de ces réformes, le gouvernement prévoit des ajustements réglementaires sur le prix des médicaments. Cette mesure devrait réduire la charge financière pour les assurés d'environ 866 millions de dirhams par an, tout en allégeant les dépenses de l'AMO de près de 2 milliards de dirhams annuellement. Ces leviers visent à assurer la pérennité des dispositifs de protection sociale tout en améliorant l'efficience du système de santé national.