Le Maroc devient le premier importateur mondial d'ammoniac chinois pour soutenir son industrie des engrais

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
Le Maroc devient le premier importateur mondial d'ammoniac chinois pour soutenir son industrie des engrais

Le Maroc s'est imposé en mai comme la première destination mondiale de l'ammoniac exporté par la Chine, consolidant ainsi son rôle de pivot industriel dans la chaîne de valeur des engrais. Ce positionnement stratégique permet au Royaume de sécuriser ses intrants essentiels pour transformer la matière première en produits finis à haute valeur ajoutée, se distinguant nettement des autres économies africaines fortement dépendantes des importations d'engrais prêts à l'emploi.

Une montée en puissance des importations marocaines

Selon les données de l'administration générale des douanes chinoises, le Maroc a absorbé 51 050 tonnes d'ammoniac en mai, sur un volume total exporté par Pékin de 185 000 tonnes. Cette performance représente une progression mensuelle spectaculaire de 163,36 %, plaçant le Royaume devant des pays comme l'Australie, l'Afrique du Sud et l'Inde. Ces volumes sont destinés aux complexes industriels de Jorf Lasfar et de Safi, pilotés par le groupe OCP, où ils sont transformés en acide phosphorique puis en engrais phosphatés destinés à l'exportation internationale.

Le contraste avec le déficit agricole subsaharien

Cette dynamique marocaine souligne un fossé persistant au sein du continent africain. Alors que le Maroc intègre l'ammoniac dans un processus de transformation industrielle, une grande partie de l'Afrique subsaharienne demeure structurellement dépendante des importations d'engrais finis, couvrant environ 80 % de ses besoins. Avec une consommation moyenne inférieure à 25 kg par hectare dans 37 pays de la région, contre une moyenne mondiale de 139 kg, le déficit en intrants agricoles reste un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire et la productivité des sols.

La stratégie chinoise face aux tensions mondiales

La Chine a su tirer profit des tensions sur le marché mondial de l'azote, exacerbées par les difficultés logistiques dans le détroit d'Ormuz et la baisse de production des unités européennes, pénalisées par les coûts énergétiques. Pékin a ainsi augmenté ses exportations d'engrais de 11,9 % en volume sur les cinq premiers mois de 2026. Parallèlement à ces flux commerciaux, la Chine intensifie ses investissements directs sur le continent, notamment dans des projets de potasse au Congo-Brazzaville, des unités d'urée en Zambie et des complexes phosphatés en Égypte. Ces investissements s'inscrivent dans un marché régional des engrais dont la valeur est projetée à 23,43 milliards de dollars d'ici 2031.

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