Le Maroc déploie une stratégie nationale pour transformer la prise en charge de la santé mentale d'ici 2030

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Le Maroc déploie une stratégie nationale pour transformer la prise en charge de la santé mentale d'ici 2030

Le Maroc engage une réforme structurelle de son système de santé mentale, un secteur longtemps marqué par un sous-investissement chronique. Avec un impact économique évalué à 64 milliards de dirhams par an, soit 4,8 % du PIB, les autorités marocaines repositionnent la santé psychique comme un levier stratégique de développement humain et de cohésion sociale à l'horizon 2030.

Un défi de santé publique majeur

Le constat dressé par le ministère de la Santé et de la Protection sociale souligne l'urgence de la situation : 6,5 millions de Marocains, dont deux millions de jeunes de moins de 25 ans, souffrent de troubles psychiques. Ces pathologies représentent désormais la première cause d'incapacité dans le Royaume. Le système actuel, qui ne consacre que 1,2 % du budget de la santé au secteur, peine à répondre aux besoins avec seulement 6,7 lits psychiatriques pour 100 000 habitants et un déficit de prise en charge estimé à 85 %.

Une approche fondée sur l'investissement

Le Plan Santé mentale 2030 rompt avec la vision budgétaire traditionnelle pour adopter une logique d'investissement. Selon les projections ministérielles, chaque dollar investi dans ce domaine génère un retour économique significatif, pouvant atteindre 94 dollars pour les programmes de prévention destinés aux adolescents. Cette stratégie, élaborée après deux ans de concertation interministérielle et avec l'appui de l'Organisation mondiale de la santé, vise à intégrer la santé mentale dans le champ des droits humains et de la justice sociale.

Objectifs opérationnels et déploiement

Pour atteindre ses objectifs, notamment une réduction de 10 % du taux de mortalité par suicide et une augmentation de la couverture des besoins en soins à 38 %, le plan déploie 37 mesures concrètes. Celles-ci incluent la généralisation des services psychiatriques dans les provinces, la création d'unités mère-enfant et le lancement d'un « SAMU psychiatrique » pour les urgences. Le dispositif prévoit également l'intégration des psychothérapies dans le panier de soins de l'assurance maladie obligatoire.

Renforcement des compétences et pérennité

La réussite de cette feuille de route repose sur deux piliers : la formation et la gouvernance. Le ministère prévoit d'augmenter les capacités de formation des psychiatres et infirmiers spécialisés tout en créant de nouveaux postes budgétaires. Parallèlement, une révision de la nomenclature des actes professionnels et l'adoption de protocoles thérapeutiques standardisés doivent garantir la durabilité de l'offre de soins, marquant ainsi une étape décisive dans la reconnaissance du handicap psychique et l'accès aux droits sociaux pour les patients.

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