Le secteur textile marocain maintient une dynamique robuste sur le marché européen, atteignant 1,05 milliard d'euros d'exportations sur les cinq premiers mois de 2026. Cette performance permet au Royaume de se maintenir au huitième rang des fournisseurs de l'Union européenne, malgré un contexte de contraction globale de la demande.
Une montée en gamme confirmée par les prix
Au-delà des volumes, qui totalisent plus de 40 000 tonnes sur la période, le Maroc affiche une progression notable de la valeur unitaire de ses produits. Le prix moyen du kilogramme de textile exporté vers l'UE s'établit désormais à 25,9 euros, contre 24,4 euros en 2025. Cette hausse suggère une montée en gamme de l'offre marocaine, s'éloignant progressivement d'un modèle reposant uniquement sur la compétitivité-prix pour s'orienter vers des segments à plus forte valeur ajoutée.
Résilience face au recul de la demande européenne
Cette performance intervient dans un marché européen sous tension, où les importations totales de textile et d'habillement ont chuté de 11,9 % entre janvier et mai 2026, totalisant 38,65 milliards d'euros. Dans ce climat de repli, le Maroc parvient à tirer son épingle du jeu avec une croissance de 3,3 % de ses exportations sur un an. Si la part de marché du Royaume dans les importations européennes se stabilise à 2,7 %, cette résilience souligne l'intégration durable du tissu industriel marocain dans les chaînes de valeur européennes.
Un positionnement face aux géants mondiaux
Le classement des fournisseurs de l'UE reste dominé par des acteurs de poids, avec la Chine en tête (plus de 11 milliards d'euros), suivie du Bangladesh et de la Turquie. Le Maroc, en conservant sa huitième place, confirme son rôle de partenaire de proximité stratégique. Alors que le marché européen semble privilégier un repositionnement des approvisionnements, la capacité du Maroc à maintenir ses flux d'exportation — après avoir atteint 2,797 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2025 — témoigne de la solidité de ses infrastructures industrielles face aux mutations du commerce international.