Une étude conjointe de l’OCDE, du GGGI, du SWAC/OCDE et de la Banque mondiale place le Maroc parmi les pays africains les plus vulnérables aux effets du changement climatique, notamment l’aridité, les vagues de chaleur extrême et les sécheresses agricoles. Cette exposition accrue menace la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau et la résilience des villes, tout en soulignant l’absence d’instruments de marché climatiques à grande échelle.
Exposition du Maroc aux aléas climatiques
L’étude « New Data for Africa’s Changing Climate » analyse 28 pays d’Afrique du Nord et identifie le Maroc comme fortement exposé à l’aridité croissante, aux vagues de chaleur extrême et aux sécheresses répétées. Le pays se distingue toutefois par une moindre exposition aux précipitations extrêmes, contrairement à la plupart des territoires africains où plus de 50 % des terres cultivées sont menacées par des pluies intenses.
Conséquences sur l’agriculture, l’alimentation et les zones urbaines
Le stress hydrique et les températures élevées compromettent directement la production agricole, réduisant les rendements et fragilisant la sécurité alimentaire. Dans les zones urbaines, le stress thermique et l’inadéquation des infrastructures face aux événements météorologiques extrêmes augmentent les risques de surchauffe et d’érosion des sols, ce qui pourrait entraîner des coûts de rénovation importants. L’étude souligne que ces phénomènes aggravent la vulnérabilité des populations rurales et urbaines, surtout dans un contexte de croissance démographique rapide.
Politiques climatiques en cours et marges de manœuvre
Le Maroc n’a pas encore mis en place d’instruments de marché climatiques à grande échelle, tels qu’une taxe carbone nationale ou un système d’échange de quotas d’émissions (ETS). Le rapport recommande de renforcer le cadre réglementaire pour éviter le verrouillage carbone et d’intégrer des normes de construction durable dans la planification urbaine. Il met également en avant le marquage budgétaire climat comme levier pour accéder à des financements internationaux à des conditions favorables.
Position régionale et perspectives d’action
Au niveau continental, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et, dans une moindre mesure, le Maroc et l’Égypte sont cités comme leaders régionaux en matière d’atténuation du changement climatique. Le rapport prévoit que le Maroc connaîtra une hausse modérée des précipitations extrêmes, contrairement à l’Ouganda ou à l’Éthiopie où les augmentations seront plus marquées. Ces prévisions offrent une base pour orienter les stratégies de résilience, notamment l’adoption de solutions fondées sur la nature et la planification spatiale résiliente afin de limiter les besoins futurs de retrofitting.