Le Maroc a plaidé, lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, pour une mutation profonde de l'action multilatérale. Face à la montée des discours de haine et à la polarisation croissante, Rabat préconise une stratégie centrée sur l'anticipation des crises et la diplomatie préventive.
Une nouvelle dynamique pour l'Alliance des civilisations
Lors de la réunion du Groupe des Amis de l'Alliance des civilisations, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a souligné la nécessité de dépasser le stade du simple dialogue. S'inscrivant dans la vision portée par le Roi Mohammed VI, le Royaume insiste sur la capacité de cette instance à fédérer des acteurs diversifiés, allant des gouvernements aux organisations de la société civile, en passant par les femmes et les jeunes. L'objectif est de transformer cette plateforme en un levier concret de coexistence pacifique, en s'appuyant sur l'expérience du 9e Forum mondial tenu à Fès en 2022.
Priorité à la diplomatie préventive et à la résilience
Pour le Maroc, l'action internationale doit impérativement s'attaquer aux causes profondes des instabilités mondiales. Cette approche lie intrinsèquement la paix et la sécurité au développement durable. Le Royaume propose que le futur Plan d'action 2027-2031 de l'Alliance marque un tournant opérationnel, en intégrant des mécanismes de résilience informationnelle pour contrer les replis identitaires. Cette feuille de route devrait permettre de passer d'une posture réactive à une véritable stratégie d'anticipation des tensions.
L'inclusion comme moteur de la stabilité
L'implication des jeunesses et des femmes constitue un pilier central de la proposition marocaine. Le ministre a insisté sur la nécessité d'une participation effective de ces groupes dans les processus de paix, considérant leur rôle comme déterminant pour la stabilité à long terme. En réitérant sa disponibilité à contribuer activement à la future feuille de route de l'Alliance, le Maroc réaffirme son engagement en faveur d'un multilatéralisme plus inclusif, capable de répondre aux défis contemporains par une action coordonnée et préventive.