Le secteur agricole marocain entame la campagne 2026-2027 sous de meilleurs auspices hydriques, portés par un taux de remplissage des barrages atteignant 65,51 % au 1er octobre, contre 32,68 % l'année précédente. Cette dynamique, marquée par un doublement des réserves d'eau, offre une perspective de relance pour les cultures céréalières et légumineuses après plusieurs années de sécheresse intense.
Une extension des surfaces cultivées en perspective
Les professionnels du secteur tablent sur une augmentation significative des superficies emblavées, qui pourraient dépasser les 5 millions d'hectares, soit une progression potentielle de 28 % par rapport à la campagne précédente. Ce regain d'activité est soutenu par une meilleure humidité des sols, incitant les agriculteurs à remettre en culture des terres laissées en jachère. L'amélioration des réserves d'eau devrait également offrir une marge de manœuvre accrue pour la gestion des périmètres irrigués, tout en réduisant la pression sur les nappes phréatiques.
Des disparités géographiques persistantes
Malgré ce bilan national positif, la situation reste contrastée selon les bassins hydrauliques. Si le barrage Al Wahda affiche un taux de remplissage supérieur à 81 %, d'autres zones comme le Souss-Massa ou l'Oum Er-Rbia présentent des niveaux plus modestes. Cette hétérogénéité souligne que la disponibilité de l'eau ne sera pas uniforme sur l'ensemble du territoire, rendant la logistique de transport et de distribution de la ressource aussi cruciale que le volume global stocké.
Le défi des coûts de production et des rendements
L'optimisme actuel est tempéré par les réalités économiques des exploitations. Le coût des intrants — semences, engrais et mécanisation — demeure un frein majeur pour les petits et moyens agriculteurs. Bien que plus d'un million de quintaux de semences et 600 000 tonnes d'engrais soient mobilisés, la rentabilité finale dépendra de facteurs exogènes : la régularité des précipitations durant les phases critiques de croissance et la capacité financière des producteurs à mener à bien les semis.
Un enjeu pour la reconstitution du cheptel
Au-delà des cultures, l'amélioration des ressources hydriques est scrutée par la filière élevage. La régénération des pâturages naturels est attendue pour alléger la dépendance des éleveurs aux aliments du bétail, dont les prix élevés ont pesé lourdement sur la reconstitution du cheptel national. Si les conditions climatiques restent favorables, cette campagne pourrait marquer une étape clé dans la résilience du secteur, bien que la reprise complète des capacités productives s'inscrive dans une temporalité plus longue.