Le mariage coutumier de Sandro Ferretto, ancien missionnaire italien de 55 ans, avec Sharon Jepng’ok dans le comté de Baringo, au Kenya, illustre les défis persistants de l'Église catholique face à sa discipline du célibat. Cette union, célébrée selon le rite traditionnel Koito, marque une rupture avec le ministère pastoral que l'homme d'Église a exercé pendant douze ans dans la région.
Une cérémonie ancrée dans la tradition locale
Le 6 septembre, la localité de Seretion a accueilli une cérémonie coutumière réunissant familles, élus locaux et membres de la communauté Tugen. Ce rite, qui implique des négociations de dot et des bénédictions par les anciens, se distingue des sacrements religieux ou des actes d'état civil. Sandro Ferretto, connu localement sous le nom de « Father Sandro », a ainsi officialisé son engagement envers Sharon Jepng’ok, fille d'un ancien conseiller local, avec qui il avait tissé des liens lors de ses années de service au sein des programmes de développement communautaire de la paroisse.
Le poids d'une règle séculaire
Si ce choix est d'abord une décision personnelle, il s'inscrit dans un contexte de remise en question récurrente au sein de l'institution catholique. L'obligation du célibat, instaurée par le deuxième concile du Latran en 1139, demeure une spécificité de l'Église latine, contrairement aux rites orientaux ou aux autres confessions chrétiennes qui autorisent le mariage des membres du clergé. L'absence de réforme sur ce point continue de susciter des débats internes, alors que plusieurs cas similaires de prêtres démissionnaires ont été rapportés récemment en Europe, notamment en Allemagne et en Belgique.
Un parcours entre mission et retrait
Arrivé au Kenya en 2008, Sandro Ferretto a exercé son ministère dans les localités de Kasiela et Mochongoi avant de regagner l'Italie en 2020. Après avoir dirigé une unité pastorale à Saletto, il a brusquement quitté ses fonctions fin 2023. Bien que le diocèse de Padoue ait alors évoqué une période de retrait personnel sans controverse, son retour au Kenya pour y fonder un foyer souligne la complexité des trajectoires individuelles au sein du clergé. À ce jour, le statut canonique exact de l'ancien missionnaire, entre laïcisation et suspension, n'a pas été officiellement clarifié par les autorités ecclésiastiques.