Le secteur marocain de l'assurance a maintenu une dynamique positive au deuxième trimestre 2026, enregistrant un volume global de primes de 17,62 milliards de dirhams, soit une progression de 5,4 % sur un an. Cette performance globale masque toutefois des disparités marquées entre les segments, une mutation des comportements d'épargne et une pression croissante sur les charges opérationnelles des assureurs.
L'essor des unités de compte dans l'assurance vie
Si l'assurance vie demeure le premier moteur du marché avec 9,37 milliards de dirhams de primes, sa structure interne évolue significativement. Tandis que les produits d'épargne classiques en dirhams stagnent avec une hausse limitée à 1,3 %, les contrats en unités de compte connaissent une accélération spectaculaire de 62,9 %, totalisant près de 800 millions de dirhams. Cette tendance témoigne d'un appétit croissant des épargnants pour des supports plus exposés aux marchés financiers, une orientation confirmée par la progression de 9 % des placements affectés à ces contrats, qui atteignent désormais 6,41 milliards de dirhams.
Dynamisme du non-vie et disparités sectorielles
Le segment non-vie affiche une croissance de 5,6 %, portée par des activités spécifiques. Si l'automobile, pilier historique, progresse modérément (+3,7 %), d'autres branches enregistrent des performances vigoureuses : le transport (+21,2 %), les accidents du travail (+14 %) et l'assistance (+13,1 %) tirent le marché vers le haut. À l'inverse, le secteur fait face à des replis notables dans certaines niches, notamment les risques techniques qui chutent de 37,6 % et l'assurance incendie qui recule de 2,3 %.
Pression sur les coûts et gestion des actifs
Le trimestre est marqué par un paradoxe financier : alors que les prestations versées par le secteur ont reculé de 7 % sur un an — sous l'effet d'une baisse marquée dans l'assurance vie —, les charges d'exploitation ont suivi une trajectoire inverse. Les frais d'acquisition et de gestion ont progressé de 9,6 % pour atteindre 2,8 milliards de dirhams, un rythme supérieur à celui de la croissance des primes. Parallèlement, les placements affectés au secteur, totalisant 238,44 milliards de dirhams, connaissent une légère contraction de 0,4 % par rapport au trimestre précédent, reflétant une gestion prudente des portefeuilles obligataires et actions dans un environnement économique en mutation.