La stratégie d'ouverture des frontières pour l'importation de moutons, initiée par le gouvernement marocain pour réguler le marché, peine à produire les effets escomptés sur les prix à la consommation. Malgré la suspension des droits d'importation, le coût de la viande ovine au détail demeure ancré au-dessus de la barre des 150 dirhams le kilogramme.
Des importations freinées par les coûts européens
La décision de faciliter l'entrée de bétail en provenance d'Espagne et d'Europe ne s'est pas traduite par une baisse significative des prix locaux. Selon Hicham El Jouabri, secrétaire régional des commerçants de viandes rouges en gros, le volume des importations reste marginal, avec environ cinq camions par semaine contre quatre par jour par le passé. Ce ralentissement s'explique par la faible compétitivité des prix pratiqués par les fournisseurs espagnols, qui se rapprochent dangereusement des tarifs locaux, rendant l'opération peu attractive pour les importateurs marocains.
La pression sur les fournisseurs plutôt que sur la fiscalité
Face à cette impasse, les professionnels du secteur rejettent l'idée d'une suppression de la TVA de 20 % sur les importations. Ils privilégient une stratégie de négociation directe avec les exportateurs espagnols, les exhortant à réduire leurs marges. Pour les importateurs, le maintien de la taxe actuelle est jugé nécessaire, tandis que la baisse des prix à la source est présentée comme le seul levier viable pour dynamiser les flux commerciaux et, in fine, soulager le consommateur final.
Une stabilité précaire en attendant une détente du marché
Si l'impact sur la baisse des prix est pour l'instant inexistant, les professionnels estiment que ces importations, bien que limitées, jouent un rôle de stabilisateur. Elles permettent d'éviter une escalade supplémentaire des tarifs, qui oscillent actuellement entre 150 et 180 dirhams le kilogramme. Les acteurs du secteur surveillent désormais l'évolution du marché espagnol, anticipant une possible baisse des prix de production dans les prochains mois, ce qui pourrait mécaniquement accroître le volume des importations et favoriser une détente sur le marché marocain.