Le marché informel des devises à Alger a connu un rebond immédiat ce mercredi 9 septembre 2026, effaçant le léger repli observé la veille. Cette fluctuation souligne la forte instabilité des cours parallèles face aux incertitudes internationales et aux besoins structurels en devises étrangères.
Des cotations en hausse au Square Port-Saïd
Au cœur du principal centre d'échange informel de la capitale, le cours de la monnaie européenne a progressé de 50 dinars algériens pour un panier de 100 euros en l'espace de vingt-quatre heures. Les cambistes fixent désormais l'achat du billet de 100 euros à 27 400 DA, tandis que le prix de vente pour les particuliers atteint 27 650 DA. Ces chiffres, bien qu'indicatifs, reflètent la réactivité immédiate des acteurs du marché face aux mouvements de l'offre et de la demande.
L'impact des tensions géopolitiques sur les cours
La volatilité observée cette semaine est étroitement liée aux inquiétudes suscitées par les tensions au Moyen-Orient. Si une baisse temporaire avait été enregistrée mardi par crainte d'une réduction des déplacements internationaux, la tendance s'est inversée dès le lendemain. La volonté des acheteurs de reconstituer rapidement leurs liquidités a provoqué une remontée mécanique des prix, confirmant la sensibilité du marché parallèle aux chocs extérieurs.
Le fossé persistant avec le secteur bancaire officiel
Cette situation met en exergue l'écart significatif entre les circuits informels et le système financier régulé. À titre de comparaison, la Banque d’Algérie a établi, pour la même journée, un cours officiel de l'euro à environ 15 464 DA pour 100 euros à la vente. Ce différentiel de prix illustre la pression constante exercée sur la monnaie nationale par une demande structurelle élevée, alimentée par les besoins liés au commerce informel, aux importations de véhicules et aux déplacements privés.
Les facteurs de tension sur la monnaie nationale
Au-delà des secousses conjoncturelles, la trajectoire des devises étrangères reste suspendue à plusieurs variables. À court terme, l'évolution des cours dépendra autant de la stabilité géopolitique mondiale que des futures orientations monétaires prises par la Banque d’Algérie. La persistance d'une demande forte maintient une pression durable sur le dinar au sein des réseaux non officiels, rendant les perspectives de stabilisation incertaines.